Retraites : la bataille des 41 ans

Contestant une réforme des retraites "a minima", qui allonge la durée de cotisation sans résoudre les problèmes de financement, tous les syndicats appellent aujourd’hui à la mobilisation pour "la défense de la retraite solidaire". Les appels à la grève sont limités, mais des préavis ont été déposés notamment dans les transports. La direction de la SNCF annonçait hier soir 2 TGV sur 3 en circulation, 1 Transilien sur 2, 1 TER sur 2 et 1 Corail sur 2. La RATP prévoyait un trafic "quasi-normal" sur l’ensemble du réseau, sauf sur la ligne B du RER. Des préavis ont aussi été déposés dans 53 réseaux de transports urbains de province. La CGT prévoyait également une "très forte mobilisation du privé", qui pourrait se traduire par des "centaines d’arrêts de travail" dans la métallurgie, la chimie ou l’agroalimentaire, rapporte Le Figaro-économie (page 18).

"La mobilisation fera-t-elle boule de neige comme en 2003 ?", interroge La Tribune (pages 2 et 3). "Le gouvernement déterminé face à la grève", semble lui répondre le titre de "une" du Figaro. "La question a été tranchée en 2003 et le passage à 41 ans de cotisation a été acté par un accord", a rappelé hier soir le Premier ministre, François Fillon, invité du Journal de France 2. Pour Jean-Baptiste de Foucauld, membre du Conseil d’orientation des retraites (Cor), "l’allongement de la durée de cotisation est la meilleure des solutions possibles". "Il serait injuste d’abaisser le niveau des pensions ou d’accroître encore les cotisations sur les actifs, car cela nuirait à l’emploi et au pouvoir d’achat des actifs comme des inactifs", explique-t-il dans La Tribune (page 3).

Tous les syndicats réclament de "véritables discussions avec le gouvernement". Danièle Karniewicz, présidente (CGC) de le Cnav demande au gouvernement de "revoir sa copie, (…) sinon, il y aura d’autres mouvements". "Nous ne nous laisserons pas piéger en cantonnant le “rendez-vous” de 2008 sur les retraites à un groupe de travail sur l’emploi des seniors", prévient-elle. Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT, exige également des garanties sur l’emploi des seniors. "Il serait incroyable d’occulter des sujets aussi importants que la dégradation du niveau des pensions, les désavantages subis par les polypensionnés ou encore la prise en compte de la pénibilité", déclare-t-il dans Les Echos.

Quoi qu’il en soit, le mouvement de grève est soutenu par 60 % des Français, qui restent attachés à leur système de retraite par répartition, indique un sondage Viavoice réalisé pour Libération (page 3).

Devis des medecins : la Cnam s’oppose à un projet d’arrêté
Le conseil de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) a émis hier un avis unanimement défavorable au projet d’arrêté fixant à 80 € le seuil d’honoraires à partir duquel les médecins devront remettre un devis à leurs patients, rapportent Les Echos (page 3). Le montant est jugé trop haut par la commission de la réglementation de la Cnam, qui considère que "fixer à 80 € le seuil, c’est s’aligner sur les tarifs des honoraires les plus élevés pratiqués pour la consultation de généraliste ou de spécialiste dans les zones les plus chères de France". Il "portera légitimité et sera considéré comme référence acceptable alors même qu’il est loin d’être pratiqué sur l’ensemble du territoire", ajoute-t-elle.

Le conseil estime que pour "tenir compte de la jurisprudence et de la loi" sur le tact et la mesure à respecter en matière de dépassements d’honoraires, il faudrait fixer le seuil des devis à "deux fois le tarif opposable de la consultation" d’un spécialiste, soit autour de 50 €. La commission demande en outre que la réglementation "prévoit un délai suffisant entre la remise du devis et la réalisation de l’acte ainsi que des sanctions en cas de non respect". Sur le front des dépenses, la Cnam a annoncé hier que les remboursements de médecine libérale ont augmenté de 1,5% sur les quatre premiers mois de l’année, par rapport à la même période de 2007 (contre + 2,1% à fin mars). "Les tendances au ralentissement de la croissance des remboursements (...) se confirment donc en avril", souligne l’assurance maladie.

John Sutton