Retraites : la CFDT monte au créneau

Motivé par le succès de la manifestation du 22 mai, le secrétaire général de la CFDT revient sur la réforme des retraites dans un entretien à La Tribune (page 24). Selon François Chérèque, "la réforme des retraites est bâclée" et le débat mérite d’être rouvert. Jusqu’à présent, explique-t-il, le gouvernement s’est focalisé sur les 41 ans de cotisation, "en partant du principe que les Français avaient accepté l’allongement de la durée de cotisation". Toutefois, ajoute-t-il, certaines conditions n’ont pas été réunies pour faire accepter cet allongement. L’emploi des seniors, la pénibilité et la retraite progressive sont des dossiers qui ont été écartés par le gouvernement, tout comme l’ont été d’ailleurs l’alimentation du Fonds de réserve ou encore la question de la taxe sur les revenus ou celle sur les stocks options.

En ce qui concerne le projet de libération totale du cumul emploi-retraite, le secrétaire général de la CFDT relève un certain nombre d’effets pervers dans cette mesure. Du jour au lendemain, explique-t-il, un employé va passer du statut de salarié au statut de retraité avec un salaire. L’entreprise le paiera moins, mais son revenu sera plus élevé compte tenu du complément de retraite. "Inévitablement, on va pouvoir faire une sorte de dumping sur le niveau des salaires des seniors, au détriment de l’emploi des jeunes", s’inquiète François Chérèque. De surcroît, ce cumul emploi-retraite risque de coûter très cher à l’assurance vieillesse, "puisqu’elle devra payer les pensions et que les cotisations seront moins importantes. Cette mesure, c’est donc une dépense qui va contre l’emploi".

Dans le même élan, le leader de la CFDT fait remarquer que les entreprises sont "incapables de garder les seniors". Par conséquent, le souhait du gouvernement de faire progressivement disparaître la dispense de recherche d’emploi pour les demandeurs d’emploi de plus de 57 ans semble inutile. "Notre objectif est que les salariés fassent leur carrière complète pour toucher une retraite complète", déclare-t-il.

Sur la question de la pénibilité au travail, les négociations semblent figées. Pour le moment, "nous avons défini qui pourrait bénéficier d’une mesure de retraite anticipée, mais le patronat bloque sur les financements, l’espérance de vie étant différente pour certains travailleurs du fait de leur emploi pénible", souligne François Chérèque.

Dernier point : la dépendance. La CFDT souhaite que tous les revenus participent à son financement. Actuellement, "les retraités bénéficient d’une CSG plus faible que les salariés". A l’avenir, il faudrait qu’elle soit alignée "sur celle des actifs, et que la différence soit une “CSG dépendance“".

Coordonner la recherche médicale
La ministre de l’Enseignement et de la Recherche, Valérie Pécresse, a présenté vendredi 23 mai, à l’hôpital Saint-Louis (Paris), une "stratégie" qui vise à "doper la recherche hexagonale dans les sciences du vivant". Selon Les Echos (page 4), cette initiative vise à mieux coordonner la recherche médicale française afin de faire face à la concurrence mondiale.

Actuellement, explique ce quotidien, les responsabilités de ce secteur sont réparties entre quatre organismes. Le CNRS est responsable de la biologie fondamentale, alors que l’Inserm est spécialisé dans la recherche médicale. De son côté, l’Inra se consacre à la recherche sur les animaux et les plantes. Enfin, le CEA a en charge le secteur de l’imagerie, de la génomique et de certaines pathologies.

"J’ai demandé aux responsables de ces organismes de se concerter et de définir une stratégie commune avant la fin de l’année", a indiqué Valérie Pécresse. Toutefois, "il n’est pas question de toucher aux périmètres, ni aux statuts actuels des établissements", a prévenu la ministre. Le but est plutôt d’éviter une "concurrence stérile".

Ces organismes auront donc à inventer un nouveau mode de "pilotage conjoint". D’ailleurs, avertissent Les Echos, d’ici à six mois, un "programme commun" devra être élaboré entre le CNRS et l’Inserm, et les "nouveaux contrats de plan quadriennaux liant les deux établissements publics" devront être signés à la fin de l’année.

Frédéric Lavignette