Retraites : dernier round de concertation

Le gouvernement a lancé hier les ultimes consultations avec les partenaires sociaux pour finaliser son projet de réforme dévoilé la veille. La marge de manœuvre est réduite, le ministre du Travail ayant totalement exclu de revenir sur le recul de l’âge légal. En revanche, il s’est déclaré plus ouvert à une négociation sur les carrières longues et la pénibilité, souligne La Tribune (page 6). Sur le premier point, les discussions risquent de buter très vite sur le coût, le gouvernement estimant avoir déjà fait beaucoup en créant le dispositif "carrières longues".

Le jeu semble plus ouvert sur la pénibilité. Le gouvernement serait prêt à entériner le principe de départs anticipés de salariés exerçant des emplois pénibles, sur la base d’expositions aux risques (nombre d’années de travail de nuit ou d’exposition à des produits toxiques), croît savoir La Tribune. Mais cette mesure ne pourrait s’appliquer que lorsqu’il serait possible d’établir la "traçabilité" de l’exposition d’un salarié à un ou à plusieurs risques.

Laurence Parisot a été la première, parmi les partenaires sociaux, à être reçue hier au ministère du Travail. Elle a rappelé sa satisfaction sur le report de l’âge légal et tenté d’obtenir des aménagements sur la taxation de l’épargne. La présidente du Medef compte "lancer maintenant le débat sur la réforme de l’assurance maladie", selon Les Echos (page 3). "C’est plus compliqué que les retraites, notamment parce qu’il y a une multitude d’acteurs interdépendants, mais il faut à la fois jouer sur le financement de l’assurance maladie et optimiser la gestion", estime-t-elle.

"Il n’y a pas de marge de manœuvre, pour moi c’est terminé. Prochaine étape : le 24 juin, ce sera une journée décisive", a déclaré pour sa part François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, à sa sortie du ministère. La CGT et Force ouvrière ont décidé de boycotter les dernières rencontres. "Si c’est pour discuter des centièmes derrière la virgule, ce n’est pas la peine", a déclaré un porte-parole de FO, cité dans La Tribune. Pour le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, "il faut une réaction à la hauteur de l’attaque", car il est "important que le gouvernement ait un signal clair de la réaction des salariés".

Le ministre du Travail continuera de recevoir aujourd’hui les partenaires sociaux, avant que Nicolas Sarkozy ne rende ses derniers arbitrages. Ce vendredi étant la date butoir pour finaliser le texte si le gouvernement veut respecter les délais légaux pour un passage en Conseil des ministres le 13 juillet.

Les syndicats "parient déjà sur une forte mobilisation jeudi", selon Le Figaro-économie (page 22). L’intersyndicale CGT-CFDT-Unsa-FSU-Solidaires, réunie hier après-midi, a appelé une nouvelle fois à une participation massive, dénonçant une réforme "inacceptable, injuste, essentiellement à la charge des salariés et de court terme", rapporte L’Humanité (page 5).

Inondations dans le Var : vingt-cinq morts
25.000 foyers restaient privés d’électricité et 15.000 personnes de téléphone fixe, hier soir, deux jours après les inondations historiques qui ont fait au moins vingt-cinq morts dans le Sud-Est de la France, rapporte Le Parisien/Aujourd’hui (pages 12 et 13). Treize personnes sont encore portées disparues. Les principaux axes routiers ont rouvert, mais de nombreuses routes restent fermées. La SNCF a annoncé une reprise progressive du trafic ce matin. Les intempéries ont aussi eu des conséquences sur l’approvisionnement en eau potable.

Selon Météo France, le Var a connu un phénomène "exceptionnel", inédit depuis 1827. Mais des critiques se font déjà entendre sur les "failles de la prévention", comme le souligne Le Figaro (pages 1 et 8), qui met en cause le manque de précision des alertes météo. Une réunion interministérielle se tiendra cet après-midi à Matignon. Le préfet du Var a assuré que la procédure de déclaration de catastrophe naturelle serait "accélérée". De leur côté, les assureurs ont étendu jusqu’au 31 juillet le délai de déclaration des sinistres.

John Sutton