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Retraites complémentaires : vers la désindexation des pensions ?

Parce que le déficit des régimes de retraites complémentaires doit être réduit au plus vite, les partenaires sociaux qui gèrent l'Agirc et l'Arrco se retrouvent aujourd'hui une dernière fois à Paris pour tenter de trouver un accord.

Selon Les Echos (page 4), cette ultime séance de négociation doit permettre aux représentants du patronat et des salariés de trouver des solutions pour réduire "le déficit annuel qui avoisinait 5 milliards d'euros l'an dernier et dépasserait 10 milliards en 2017 si rien n'était fait d'ici là". Reste à savoir comment s'y prendre : soit on augmente les cotisations versées par les salariés et les employeurs, soit on ne revalorise plus les pensions des retraités aussi vite que l'inflation.

Alors qu'il est de son côté en train de préparer sa réforme du régime général des retraites, le gouvernement aimerait bien que les négociateurs parviennent à "déminer le sujet" des régimes complémentaires. De la sorte, remarque Le Figaro (page 20), ce serait eux qui prendraient les premiers des "décisions douloureuses". Par la suite, évidemment, l'Etat leur emboîterait le pas "en imitant leur exemple sur le régime général", devine le quotidien.

Au cours des précédentes rencontres, les syndicats ont pour le moment laissé entendre qu'ils préféraient l'option de l'augmentation des cotisations. Par crainte d'une augmentation des coûts du travail, notent Les Echos, le Medef penchait quant à lui pour la seconde option. Au fur et à mesure des discussions, les avis des deux parties ont toutefois fini par légèrement converger.

D'après le quotidien économique, tous les syndicats ont en effet "accepté de discuter d'une désindexation des pensions, à condition que le patronat accepte une hausse des cotisations", le plus difficile étant de déterminer le niveau et la durée de cette déconnection entre le coût de la vie et le niveau des retraites. Sur ce dernier point, le Medef propose donc "un relèvement limité des cotisations", ou plus particulièrement du "taux d'appel, ce qui ne créerait pas de droits nouveaux pour les futurs retraités". Le taux d'appel correspond en effet au taux d'acquisition de point, majoré d'un pourcentage destiné à financer le régime.

Mais cette proposition du patronat, "pour ne rien arranger", divise cette fois les organisations syndicales, observe Le Figaro. Pour autant, il leur faudra bien trouver un point d'entente, prévient le journal, car "pour que les négociations aboutissent, il faut que trois syndicats signent sur les cinq présents autour de la table".

Impliquer les pères dans le congé parental
A l'occasion d'une "convention de l'égalité entre les hommes et les femmes" qui doit se tenir aujourd'hui à La Villette (Paris), François Hollande devrait annoncer une réforme du congé parental, rapporte Libération (page 17). Cette réforme, poursuit Le Figaro (page 20), vise à "éviter aux femmes un éloignement trop long, parfois subi, du marché du travail", notamment en incitant les pères à bénéficier de ce congé, alors qu'ils ne représentent que 3,5% des bénéficiaires.

Pour mener à bien ce projet, le gouvernement envisage de modifier l'actuel complément de libre choix d'activité (CLCA), qui est la prestation versée par les caisses d'allocations familiales pendant trois ans maximum aux parents qui arrêtent de travailler afin de s'occuper de leurs enfants. "D'un montant maximal de 566 euros par mois, détaillent Les Echos (page 5), le CLCA peut être alloué pendant six mois lorsqu'il y a un seul enfant à charge et jusqu'au troisième anniversaire du dernier-né lorsqu'il y en a au moins deux."

La réforme proposerait de réduire cette durée de trois ans maximale à deux ans et demi, les six mois supplémentaires ne pouvant être pris que par le deuxième parent. Au cours de cette période, ajoute le journal économique, la prestation serait "sensiblement bonifiée".

Pour un montant global de 2 milliards d'euros, cette mesure devrait entrer en vigueur à partir de janvier ou juil­let 2014, le temps que les caisses d'allocations familiales adaptent leur système informatique. Pour cela, il sera nécessaire, évidemment, que soit adoptée la loi-cadre sur le droit des femmes, que le gouvernement prépare pour le mois de mai et qui devrait intégrer cette ré­forme.

Frédéric Lavignette