Retraite : une journée d’action sans les fonctionnaires

"Une journée nationale d'action contre le projet de loi qui ne devrait pas faire date", titre Le Figaro (page 20) à propos de la mobilisation contre la réforme des retraites, à l'appel de quatre syndicats, la CGT, FO, FSU et Solidaires, avec des organisations de jeunesse. La quasi-totalité des quotidiens accorde néanmoins une large place à ce sujet, ce matin.

"Plus de 180 défilés contre la réforme" sont prévus aujourd'hui, rappelle Le Parisien (page 7), mais il y aura "peu de perturbations" dans les transports et à l'école, précisent Les Echos (page 5). L'Humanité (page 2) fait le point sur les sujets qui achoppent : "L'élément de désaccord majeur est la hausse de la durée de cotisation", indique Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO. "Le report de six mois de la revalorisation" des pensions est également mis en cause. Les représentants des salariés saluent en revanche les avancées obtenues sur la pénibilité.

Comment expliquer cette faible mobilisation ? Pour L'Opinion (page 4), "le gouvernement a soigneusement relégué toutes les mesures douloureuses après 2020". En outre, "il n'a pas touché aux modes de calcul de la Fonction publique", ajoute ce quotidien. Pour Les Echos, "l'exécutif ménage les fonctionnaires". "Après avoir semblé vouloir revoir les paramètres spécifiques du régime des agents de l'Etat, des collectivités locales et des hôpitaux, sujets explosifs par excellence, le gouvernement a vite refermé la porte", rappelle Leïla de Comarmond. Pour autant, des négociations sont prévues entre la ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, et les syndicats de fonctionnaires, mais "sur les sujets qui ne fâchent pas", précise le quotidien économique, soit les droits familiaux et la pénibilité.

Les organisations syndicales critiquent une réforme qui touche uniquement les salariés, puisque "l'augmentation de la cotisation employeur pour la retraite serait totalement compensée dès 2014 par un transfert des cotisations famille vers l'impôt, c'est-à-dire vers les ménages", dénonce Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT dans L'Humanité (page 4). Cette mesure s'attire également les critiques du commissaire européen aux Affaires économiques, mais pour une autre raison. Pour Olli Rehn, elle risque en effet d'entraver "la compétitivité des entreprises". "Est-ce la bonne méthode d'annoncer tout de suite de nouvelles charges, en promettant pour l'avenir une “compensation“ qui reste à préciser en faveur des entreprises ?", interroge-t-il dans Le Figaro (page 20).

Etienne Caniard sur France 5
Etienne Caniard était hier à 17 h 30 l'invité d'Axel de Tarlé pour "C à dire ? !", sur France 5. Objectif de cette émission : "donner un nouvel éclairage sur un sujet de l'actualité du jour" en interrogeant "une personnalité". Thème de l'édition du 9 septembre : "La santé va-t-elle être toujours plus chère ?" Sur un sujet qu'il qualifie de "technique", le journaliste questionne le président de la Mutualité Française à l'occasion de l'annonce, via Les Echos, d'une probable suppression partielle de l'exonération fiscale dont bénéficient les contrats collectifs de complémentaire santé.
En réponse, Etienne Caniard rappelle que "l'abandon de cette mesure de crédit d'impôt était préconisé par le Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie" dans un rapport publié cet été et voté par la Mutualité Française. "Nous ne contestons pas la mesure, mais la méthode", précise-t-il toutefois. "Cette mesure est prise isolément, alors que le véritable enjeu n'est pas de diminuer une niche fiscale mais de redistribuer l'ensemble des aides dont bénéficient les complémentaires pour qu'elles permettent enfin à chaque Français de se soigner", ajoute le président du mouvement mutualiste. "Aujourd'hui, 6 % des Français n'ont pas de mutuelle. Ces derniers renoncent deux fois plus aux soins que ceux qui ont une mutuelle", rappelle Etienne Caniard.

Autre sujet développé sur France 5 : le coût des lunettes. Le président de la Mutualité Française a défendu l'intérêt des réseaux conventionnés pour contenir le prix des équipements optiques, tout en bénéficiant d'une prestation de qualité. Sur l'optique, 4 % de l'équipement est remboursé par la Sécurité sociale et 68 % sont pris en charge par les mutuelles. Une part en constante augmentation, a indiqué le président de la Mutualité Française.

Milène Leroy