Retraite : décret avant les législatives

Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, a bouclé hier sa série de consultations avec les partenaires sociaux sur le futur décret concernant le retour partiel à la retraite à 60 ans. "Le contenu du décret sera annoncé très rapidement" et quoi qu'il en soit, "avant les législatives", a-t-elle indiqué hier sur Canal +, souligne Le Figaro-économie (page 20). Le texte devrait vraisemblablement faire l'objet d'une communication lors du prochain Conseil des ministres, selon Le Pari­sien/Aujourd'hui (page 6). Une fois le décret rédigé, les partenaires sociaux devraient à nouveau être consultés.

Son parcours commencera par le Conseil d'Etat, qui devra le valider, puis le texte sera soumis à l'avis du conseil d'administration de la Caisse nationale d'assurance-vieillesse (Cnav). L'Acoss, la banque de la Sécurité sociale, qui col­lecte les cotisations, devra aussi être consultée, car la mesure doit être financée par une augmentation des cotisations re­traite patronales et salariales de 0,1 point par an, soit un total de 1 % sur l'ensemble du quinquennat. Les représentants patronaux espèrent hausse de cotisations moins importante que prévue, pour ne pas augmenter le coût du travail.

Sur le contenu du décret, rien ne semble encore définitivement arrêté. L'idée que les personnes ayant commencé à travailler à 20 ans puissent profiter du futur dispositif semble toutefois écartée, selon Le Figaro-économie. Il faudrait avoir débuté sa carrière "avant 19 ans" ou "avant 20 ans", contre "avant 17 ans", actuellement.

Néanmoins, Pierre Moscovici, ministre de l'Economie et des Finances, a indiqué sur France Inter que le gouvernement "discutait" de cette possibilité.

De son côté, l'opposition estime que le Parlement devrait être consulté sur le décret. Bernard Accoyer (UMP), président sortant de l'Assemblée nationale, a demandé au Premier ministre l'audition de Marisol Touraine, mardi, par la commission des Affaires sociales.

Accès aux IRM : inégalités régionales
Une enquête annuelle réalisée auprès de 551 sites médicaux montre un délai d'attente moyen de 29 jours et un retard persistant en équipements d'imagerie par résonance magnétique (IRM), rapporte Le Figaro (page 11). Cette étude, effectuée par une société de conseil en économie médicale, Cemka-Eval, souligne surtout les inégalités importantes selon les régions. Dans six d'entre elles (Corse, Bretagne, Pays de la Loire, Auvergne, Basse-Normandie, Limousin), le délai moyen d'accès à un examen par IRM est supérieur à cinquante jours. Une situation qui n'a rien d'étonnant, ces six régions figurant parmi les sept qui détiennent le moins d'IRM par rapport au nombre d'habitants.

A l'autre extrême, ce sont les Franciliens et les nordistes sont les mieux dotés en appareils d'imagerie. De fait les délais d'attente y sont les plus courts, de même qu'en Midi-Pyrénées. Le Pr Frank Boudghene, responsable de la Fédération d'imagerie du cancer à la Société française de radiologie, exprime son inquiétude dans Le Figaro. "Pour rejoindre la moyenne européenne, il faudrait qu'il y ait 1.260 IRM en France, explique-t-il. Il n'y en a que 618 ! C'est pourtant une arme efficace contre le cancer, où il ne faut pas retarder la prise en charge thérapeutique."
John Sutton