Réseaux agréés : une « solution d’avenir » pour faciliter l’accès aux soins

Les restes à charge élevés pèsent de plus en plus dans le budget des ménages. Ils concernent notamment l'optique, le dentaire, les médecins en secteur 2, et les dispositifs médicaux. Pour réguler les tarifs, le président de la Mutualité Française propose "de mettre en place des réseaux de soins agréés" dans un entretien qu'il accorde à La Tribune.

Pour 10% des malades, le reste à charge est supérieur à 1.000 euros. Pour 5% d’entre eux, il dépasse les 1.500 euros annuels, tandis que 1% de nos concitoyens doivent débourser jusqu’à 3.000 euros ! C’est ce que révèle le rapport annuel 2011 du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (Hcaam), indique La Tribune (page 13).

Les restes à charge élevés concernent davantage les soins de ville que les séjours hospitaliers. Les dépenses qui pèsent le plus dans le budget des ménages sont les prothèses dentaires puis les audioprothèses, note le quotidien. Et d’ajouter que ce constat est "à méditer pour les complémentaires santé qui sont les premiers financeurs de ces dépenses puisque la Sécu les couvre très peu".

Pour Etienne Caniard, "ces chiffres sur le reste à charge montrent bien que le taux de remboursement ne veut plus rien dire". Dans un entretien qu’il accorde au journal économique, le président de la Mutualité Française rappelle que l’importance du reste à charge est corrélée avec des prestations "pour lesquelles les prix sont en grande partie libres comme l’optique, le dentaire, les médecins en secteur 2, et les dispositifs médicaux comme certains pansements, fauteuils roulants…"

Pour réguler les tarifs, Etienne Caniard considère qu’une "solution d’avenir est dans les réseaux agréés". Cette mesure "réaliste et rapide à mettre en place" consiste à "passer des accords avec des professionnels" dans le cadre d’un réseau de soins agréés. "En contrepartie, explique Etienne Caniard, la mutuelle concernée s’engage à faire connaître ces professionnels agréés, à orienter ses adhérents vers eux et à mieux rembourser ceux qui y font appel."

Pour rationaliser la dépense, poursuit le président de la Mutualité Française, il faut "retrouver le juste prix de la qualité". Pour cela, l’objectif à atteindre "est qu’un assuré qui paie sa cotisation à la Sécu et à sa mutuelle puisse bénéficier d’un reste à charge nul". Pour cela, une combinaison d’actions est nécessaire. D’un côté, les pouvoirs publics doivent mieux réguler les prix et, de l’autre, il faut que les complémentaires santé puissent développer des réseaux de soins agréés.

Frédéric Lavignette