Report de la réforme de la dépendance : les explications de Roselyne Bachelot

La réforme du financement de la dépendance est reportée parce que "la crise vient de casser toutes les belles promesses". C'est en ces termes que Libération (pages 14 et 15) résume l'entretien que lui a accordé la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, Roselyne Bachelot, au sujet de ce "dossier prioritaire de cette fin de quinquennat".

Comme le rappelle le quotidien, le Premier ministre a annoncé le 24 août le report de cette réforme. Pour Roselyne Bachelot, cette décision trouve son explication dans le fait que "les difficultés ont considérablement augmenté ces derniers mois. (...) Quand survient un coup dur, il faut faire des choix".

A l'instar de François Fillon, elle indique que "la crise financière que nous rencontrons nous empêche, pour le moment, de mettre en œuvre un financement massif pour les années à venir". Le calendrier prévoit désormais "un nouveau point" début 2012, confie Roselyne Bachelot, sans toutefois préciser l'entrée en vigueur de cette réforme promise par le président de la République.

Ce report sine die ne signifie cependant pas, poursuit la ministre, l'arrêt de la politique en faveur des personnes âgées. "L'effort public en direction des personnes âgées dépendantes repré­sente déjà 25 milliards d'euros en 2011, indique-t-elle. Chaque année, nous créons 7.500 places nouvelles dans les maisons de retraite. Et cet effort va augmenter en 2012."

Pour l'année à venir, elle affirme avoir obtenu une augmentation de 3,8% de l'objectif national des dépenses de l'assurance maladie (Ondam) médico-social, ce qui représente 400 millions d'euros supplémentaires. Par ailleurs, Roselyne Bachelot considère que l'actuel dispositif en matière de gestion du grand âge est efficace.

Certes, reconnaît-elle, le secteur de l'aide à domicile traverse de grosses difficultés, mais rappelle que "la tarification de ces services relève des conseils généraux". En 2010, signale Libération, les départements ont versé 5,7 milliards d'euros au titre de l'allocation personnalisée d'autonomie (Apa), alors que l'Etat n'y a participé qu'à 27%, contre 50% à l'origine.

En compensation, le gouvernement a créé un fonds d'aide de 150 millions d'euros. Pour le président PS de l'Assemblée des départements de France (ADF), Claude Lebreton, cette rétractation de l'Etat dans le financement est inadmissible : "L'Etat nous doit 3 milliards d'euros rien que pour l'Apa et Roselyne Bachelot nous propose 150 millions… Cherchez l'erreur !"

Le programme de la rentrée sociale
Des manifestations sont à prévoir le mardi 11 octobre dans toute la France. En effet, l'intersyndicale s'est réunie hier afin de déterminer les actions à mener contre la politique du gouvernement. Selon Les Echos (page 3), cinq syndicats ont opté pour cette journée de manifestations locales qui axera ses revendications "sur le soutien à l'emploi et une meilleure répartition des efforts budgétaires entre salariés et entreprises".

La CGT voulait faire de ce 11 octobre une journée de "grandes manifestations" assortie d'appels à la grève. La CFDT s'y est opposée, ne voulant pas s'engager "dans un vain bras de fer" avec le gouvernement. Pour son secrétaire général, François Chérèque, "les salariés, plus abattus que révoltés" ne semblent pas prêts à s'investir au-delà d'une démonstration dans les rues.

Cette journée d'action de tous les salariés sera précédée par celle des enseignants, le 27 septembre, avertissent Les Echos. Il s'agit du "seul rendez-vous sur lequel misent vraiment les syndicats", avec la journée du 6 octobre au cours de laquelle vont défiler les fédérations de retraités.

Sur le fond, analyse le quotidien économique, tous les syndicats ont conscience que la journée du 11 octobre "risque de prendre des allures de minimum syndical sans réel impact". C'est du moins l'analyse de FO, de la CFTC et de la CGC qui n'y participeront pas et se sont abstenus à cette intersyndicale.
Frédéric Lavignette