Réorganiser l’hôpital

"Hôpital : tout ce que Sarkozy veut changer", titre La Tribune en "une". Ce quotidien résume la méthode du chef de l'Etat en une formule : "tout réorganiser plutôt qu'augmenter les moyens". Ce matin, le président de la République inaugurera le nouvel Hôpital civil de Strasbourg. Face aux polémiques sur le manque de moyens et la désorganisation des hôpitaux, qui ont suivi la série d'accidents médicaux survenus ces dernières semaines, il devrait assurer le personnel hospitalier de son soutien, présume le quotidien Les Echos (page 3).

"Mais, ce ne sera pas Noël en janvier : le chef de l'Etat ne devrait pas annoncer de cadeaux substantiels", écrit Ivan Best dans La Tribune (page 2). Pour préserver la qualité des soins, Nicolas Sarkozy n'annoncera pas une augmentation des moyens, mais une réorganisation de l'hôpital. Elle figure dans le projet de loi "Hôpital, patients, santé et territoires" dont Libération (page 13) rappelle les trois idées-force : "donner un patron unique à l'hôpital", créer communautés hospitalières de territoires et mettre en place des agences régionales de santé (ARS) pour articuler médecine de ville et hospitalière.

Ce projet de loi vise également à renforcer le dispositif de permanence des soins. "On ne peut pas bâtir un système efficace de permanence des soins en se basant sur le seul volontariat des médecins libéraux", estime Jean-Pierre Davant dans La Tribune (page 3). Interrogé par ce quotidien économique, Jean-Marie Rolland (UMP), rapporteur du projet de loi sur l'hôpital, considère qu'il "y a un vrai problème de permanence des soins en ville. Cette offre a fortement reculé depuis 2002", reconnaît ce député de l'Yonne.

Concernant l'hôpital, Les Echos observent que les établissements sont "de plus en plus nombreux à supprimer des emplois". La Fédération hospitalière de France (FHF) évalue à au moins 30.000 les suppressions de postes nécessaires. Elle reproche au gouvernement de ne pas assumer cette politique en laissant seuls au front les directeurs d'établissements, tout en faisant voter chaque année des budgets insuffisants.

"L'emploi est la seule variable sur laquelle les hôpitaux peuvent jouer pour réduire leurs déficits", affirme Claude Evin, président de la FHF, dans Libération. "Pour mettre les hôpitaux à l'équilibre, il faudrait supprimer entre 15.000 et 20.000 emplois", ajoute Claude Evin. Pour l'heure, "77% des Français ont toujours confiance" dans les hôpitaux publics, annonce en "une" Le Parisien/Aujourd'hui. C'est le principal enseignement d'un sondage CSA, publié en page 2. En outre, 72% des personnes interrogées font confiance au fonctionnement des urgences.

Enquête sur le mal-être au travail
Les premiers résultats d'une enquête sur la santé mentale au travail confirment l'ampleur du phénomène de la souffrance chez les salariés et la nocivité de certaines contraintes professionnelles, souligne Le Monde (page 15). Pour la première fois, des médecins du travail – ceux de l'observatoire épidémiologique Samotrace – ont interrogé 6.050 salariés de différentes professions dans les régions Centre, Poitou-Charentes et Pays-de-Loire, entre 2006 et 2008. Cette enquête a été dévoilée dans le numéro de janvier de la revue Santé et Travail, signale Le Monde. L'objectif étant à terme de mettre en place "un système de surveillance de la santé mentale au travail" dans les entreprises. Cette enquête tombe à point nommée pour alimenter la réflexion des pouvoirs publics et des partenaires sociaux sur les risques psycho-sociaux, conclut Le Monde.

John Sutton