Rentrée scolaire : plus de profs, plus de morale

Aujourd'hui, 850.000 enseignants vont emprunter le chemin de l'école pour une pré-rentrée marquée par une question récurrente : la France va-t-elle un jour manquer de profs ? Le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, a annoncé la se­maine dernière que 22.100 postes seraient mis au concours de recrutement l'an prochain, soit "pratiquement le double de cette année". A cela, poursuit le quotidien, il faut ajouter une promesse de François Hollande lors de la campagne présidentielle : la création de 60.000 postes dans l'Education natio­nale durant son quinquennat, soit une moyenne de 10.000 postes par an.

Or, s'inquiète Libération (pages 10 et 11), les faits sont là : "Le métier at­tire de moins en moins et dans certaines disciplines, on commence à manquer de candidats". Ainsi, précise le journal, en 2011, plus de "900 postes n'ont pas trouvé preneur, faute de candidats". En 2012, ce nombre était de 750. Certaines matières comme les mathématiques, l'anglais et les lettres sont particulièrement touchées.

Après l'annonce de Vincent Peillon, les syndicats sont plutôt dubitatifs sur un renversement de tendance : ils estiment, poursuit Libération, que la ré­forme de la formation "qui demande désormais aux profs d'avoir un master contre une licence auparavant a durablement diminué le vivier des candidats". A cela, il convient d'ajouter "la suppression de l'année de stage et la dégradation des conditions de travail", explique Frédérique Rolet, co-secrétaire générale du Snes-FSU.

Redonner le moral aux profs et placer la "morale laïque" dans les programmes scolaires, voici les priorités du ministre de l'Education nationale. En effet, dans Le Journal du dimanche, que cite La Croix (pages 2 et 3), Vincent Peillon annonce que débuteront à la rentrée 2013 des cours de "morale laïque", laquelle consiste à "comprendre ce qui est juste, à distinguer le bien du mal". C'est aussi "des devoirs et des droits, des vertus et surtout des valeurs", ajoute le ministre. Cette volonté de plus de morale à l'école, relève Le Figaro (page 10) est commune à des nombreux gouvernements mais "la formule miracle" pour l'enseigner n'a toujours pas été trouvée.

Sécu : comparaison France-Allemagne
La direction du Trésor a publié la semaine dernière un rapport qui compare le système allemand de Sécurité sociale à son homologue français. Le premier "apparaît plus simple" que le second et son pilotage financier est "plus exigeant", note Le Figaro-économie (page 23).

Parmi les différences entre les deux pays, "l'Allemagne finance depuis des années à hauteur de 35 % son système social par l'impôt, notamment via la fameuse TVA dite sociale et des cotisations sur les chômeurs et les retraités". De surcroît, une "règle d'or" a été fixée outre-Rhin : les caisses d'assu­rance maladie sont "obligées d'augmenter leurs cotisations en cas de déséquilibre", indique la direction du Trésor.

Outre cette organisation, l'Allemagne s'est infligé "un traitement de cheval" dans les années 1990 et 2000 pour ra­mener les comptes dans les clous : instauration d'un ticket modérateur par trimestre pour les consultations, déremboursements, développement des génériques… Cette politique a un coût social : ainsi, la pauvreté est plus marquée en Allemagne qu'en France. Les plus de 65 ans comme les chômeurs sont moins bien protégés que dans l'Hexagone.
Jean-Michel Molins