Rentrée morose

Les vacances touchent à leur fin, la flamme olympique s’est éteinte... place désormais à la rentrée ! Pour les syndicats et le patronat, la reprise se fera "sous le signe de l’attentisme", écrivent Les Echos (page 3). Au programme cette semaine : les universités d’été de la CFDT et du Medef ainsi que l’assemblée générale de la CGT.

Mais dans le "brouillard" des relations sociales, les partenaires fixent l’horizon de la fin de l’année avec une seule "idée en tête" : "Les élections prud’homales du 3 décembre". Dans Les Echos (page 3), Guy Groux, directeur de recherche au Centre d’études de la vie politique, estime que les syndicats vont désormais "rentrer dans une campagne qui provoquera des jeux de surenchère. Chacun aura à coeur de se distinguer et le dialogue social risque de s’en trouver entravé".

C’est dans ce contexte que vont s’ouvrir à l’automne des discussions notamment sur "la gestion prévisionnelle des emplois, le harcèlement moral et la violence, et la santé au travail". Les partenaires sociaux suivront aussi attentivement deux projets de loi actuellement "dans les tuyaux" la création du revenu de solidarité active (RSA) et le développement de l’intéressement et de la participation dans les entreprises. Ainsi, le RSA devrait être présenté "la semaine prochaine" en Conseil des ministres pour être généralisé à l’ensemble du territoire en 2009.

Cette rentrée est également placée sous le signe de la morosité économique. La Tribune (page 18) rapporte les principales conclusions d’un sondage paru dimanche dans le journal Ouest-France. Il montre que 82% des Français ne font pas confiance au gouvernement pour améliorer le pouvoir d’achat. Ils sont également une majorité à exprimer des doutes sur la capacité du gouvernement à mener à bien "la baisse des impôts", "la lutte contre la pauvreté et l’exclusion", "la lutte contre le chômage" et "l’intégration des personnes issues de l’immigration". Seules "la lutte contre la sécurité" et "la protection de l’environnement" recueillent une majorité d’avis favorables.

Pour le secrétaire général de Force ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, "tous les indicateurs sont au rouge". "Les salariés ont le sentiment d’avoir un horizon bouché. Sans compter leurs inquiétudes concernant la retraite et l’assurance maladie", indique-t-il dans un entretien au Parisien/Aujourd’hui (page 9). FO a prévu une journée d’action le 2 octobre pour dénoncer "la fermeture de services publics".

Psychotropes : un appel contre les abus
Quinze praticiens lancent dans Psychologies Magazine un appel contre l’abus de psychotropes, et plus particulièrement contre la "surmédicalisation du mal-être". Cette année, rappelle Le Journal du dimanche (pages 2 et 3), plus d’un Français sur cinq a consommé ce type de produits, dont le volume de vente a "été multiplié par deux en dix ans". "Prescrire ces médicaments, c’est la solution de facilité. Ils ne sont pas chers et remboursés. Dans le contexte actuel, on ne peut pas donner à tout le monde une ordonnance avec 50 euros d’oligo-éléments non remboursables", reconnaît Serge Rafal, médecin généraliste et signataire de l’appel.

Les prescriptions sont également inadaptées. Concernant les antidépresseurs, une étude a montré que "29% des patients traités n’ont eu qu’une seule prescription, alors que le traitement doit durer au moins six mois pour être efficace", explique Hubert Allemand, médecin-conseil national à la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) dans l’hebdomadaire. "Cela veut dire qu’on en donne à des gens qui ne sont pas dépressifs, mais aussi qu’on prescrit à des dépressifs des traitements trop courts", poursuit-il. Après les somnifères et les anxiolytiques, la Cnam devrait intégrer l’an prochain les antidépresseurs au programme de maîtrise médicalisée, souligne Le Journal du dimanche.

Jean-Michel Molins