Renouvellement des ordonnances : les pharmaciens autorisés à délivrer des médicaments

Les pharmaciens sont désormais autorisés à délivrer des médicaments nécessaires à la poursuite d’un traitement, même lorsque la durée de validité d’une ordonnance renouvelable est expirée, relève Le Figaro (page 13). Un décret, paru au Journal officiel du 5 février, vise à réduire le nombre de consultations médicales qui n’ont pour seul objet que le renouvellement d’une ordonnance. Cette possibilité ne sera valable que lorsque le traitement initial est prescrit pour une durée minimum de trois mois.

La mesure concerne les traitements chroniques, comme ceux contre l’hypertension, le diabète, les maladies cardio-vasculaires ou les pilules contraceptives, ainsi que les traitements hormonaux. Dans les faits, le pharmacien devra informer le médecin prescripteur par courriel, courrier ou par l’intermédiaire du patient. Il devra indiquer sur l’ordonnance la mention "délivrance par la procédure exceptionnelle d’une boîte supplémentaire", en y apposant le tampon de l’officine et la date.

"Ce décret s’inscrit dans une volonté d’améliorer l’accès aux soins au moment où le recours aux médecins peut s’avérer difficile dans certaines zones", explique au Figaro Jean-Luc Audhoui du Conseil national de l’ordre des pharmaciens.

Comment s’assurer que certains patients n’abuseront pas du renouvellement d’ordonnance ? Jean-Luc Audhoui rappelle qu’"il existe dans six départements un programme pilote de dossier pharmaceutique, qui devrait permettre avec la carte Vitale de connaître les consommations en médicaments d’un patient". Il espère que "cette expérimentation va être élargie à toute la France".

Les médecins, traditionnellement très attachés à leur droit de prescription, ne semblent pas hostiles à cette mesure. "C’est une disposition à laquelle nous ne sommes pas opposés", déclare un membre de l’Ordre des médecins. "Elle avait été discutée dans le but de libérer les médecins, alors que nous anticipions les difficultés qui pourraient se poser en cas de pandémie de grippe aviaire, comme la surcharge des cabinets médicaux", explique-t-il.

Cancer de l'utérus : vacciner plus tôt
L’Académie nationale de médecine propose d’abaisser l’âge de la vaccination contre le cancer du col de l’utérus. Elle est actuellement recommandée pour les jeunes filles de 14 ans. "L’âge de 11-12 ans, retenu ailleurs, permet une efficience maximale, notamment au regard de la durée de protection vaccinale, actuellement évaluée à cinq ans", estime le Pr Pierre Bégué, coordonnateur d’un rapport à ce sujet dans Le Monde (page 26). L’Académie de médecine considère également que le non-remboursement du vaccin avant 14 ans devrait être revu. Elle juge, de surcroît, que la vaccination de rattrapage des femmes âgées entre 15 et 23 ans "est d’une efficacité nettement moindre".

Comme le Haut Conseil de santé publique, l’académie estime que la vaccination ne doit pas se substituer au dépistage de ce cancer par frottis. "Il faut non seulement ne pas relâcher le dépistage, mais aussi mieux l’organiser", affirme Pierre Bégué. Une pratique d’autant plus nécessaire que le vaccin Gardasil® ne protège que contre 70% des papillomavirus en cause dans ce type cancer.

John Sutton