Renégociation de la convention Aeras

Depuis fin décembre, l'accord qui permet de s'assurer et d'emprunter lorsque l'on souffre d'une maladie grave est arrivé à expiration. Cette convention qui porte le nom d'Aeras sera renégociée dès demain, sous le contrôle des pouvoirs publics. Pour Le Parisien/Aujourd'hui (page 4), cette renégociation constitue "un enjeu de taille" puisqu'en juin dernier, 10,9% des demandes de prêts d'assurance concernaient des personnes présentant un "risque de santé aggravé". Près de 300.000 dossiers ont été traités.

Après deux années de fonctionnement, les associations représentant les 10 millions de malades concernés par Aeras avouent leur insatisfaction. En effet, comme l'explique le quotidien, sur la totalité des dossiers déposés, 45% ont fait l'objet d'une surprime dont les tarifs ont été "trop souvent exorbitants".
Pour la Ligue contre le cancer, de telles conditions font figure de "double peine" vis-à-vis les malades. Les assureurs semblent ne pas avoir modifié leurs critères de risque, alors qu'"il y a deux fois plus de guérisons de cancers qu'il y a vingt ans", observe-t-on. Pour le Collectif interassociatif sur la santé (Ciss), le bilan d'Aeras est également "décevant".

"Même si Bercy ne joue qu'un rôle d'arbitre" dans ces renégociations entre banques, assurances et associations de malades, la ministre des Finances entend "mettre la pression" afin de renforcer les droits des malades, rapporte Le Parisien/Aujourd'hui. "L'objectif est de tendre vers le zéro refus médical", indique Christine Lagarde dans un entretien au quotidien.

La ministre aspire également à un relèvement des limites d'âge des emprunteurs souscripteurs et à une simplification des questionnaires qui leur sont soumis. "Plus d'accès à l'assurance emprunteur, ça signifie aussi qu'il faut relever les plafonds au-delà desquels les compagnies ne sont pas tenues de respecter la convention", ajoute la ministre de l'Economie.

ACP : pourquoi choisir un haut fonctionnaire ?
Dans une tribune libre publiée dans Les Echos (page 17), Gérard Andreck, président du Groupement des entreprises mutuelles d'assurances (Gema), et Daniel Havis, président de la Matmut et vice-président de la Mutualité Française, exposent les raisons de leur soutien à l'un des deux candidats à la vice-présidence de l'Autorité de contrôle prudentiel. Il s'agit de Jean-Luc de Boissieu, secrétaire général du Gema et ancien fonctionnaire.

Pour eux, "un haut fonctionnaire a l'avantage de la neutralité et de l'objectivité dans un paysage très contrasté et de n'être sujet à aucune critique sur la gestion d'une entreprise", expliquent-ils. Avant d'ajouter : "Confié à un fonctionnaire, le contrôle étatique est et reste au service de l'intérêt des assurés", alors que le choix de l'autre candidat, en l'occurrence Jean-Philippe Thierry, ancien président d'Allianz France, ferait du contrôle "un moyen de défense des entreprises et des professionnels".

Autre argument : en nommant un assureur, "le gouvernement reconnaîtrait ainsi que ses préférences – ou ses sollicitudes – vont à la Bourse, à la création de valeur, à la spéculation financière, aux rémunérations excessives qui ont conduit à la crise actuelle".
Frédéric Lavignette