Rémunération à la performance : ce que la Cnam verse aux généralistes

La Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) a rendu publics, hier, les résultats de la mise en place, en janvier 2012, de la rémunération à la performance des médecins. "L'assurance maladie va verser en moyenne aux généralistes qui suivent plus de 200 patients 5.365 euros bruts au titre de la première année de fonctionnement", indique Le Monde (page 10). "Soit l'équivalent d'un petit treizième mois pour des professionnels qui gagnent 71.000 euros par an", précisent Les Echos (page 4).

Comment ce montant est-il défini ? "Une liste de 29 indicateurs à améliorer a été dressée, qui permet aux praticiens de gagner des points", poursuit Le Monde. Ils portent, par exemple, sur l'organisation de la prise en charge des patients, comme la tenue de dossiers informatisés, "ce qui permet un meilleur suivi individuel", note Le Monde. Autres indicateurs : l'affichage des horaires de consultation ou encore le fait de disposer d'un logiciel d'aide à la prescription.

Les médecins devaient également agir en matière de prévention, en améliorant le suivi des patients diabétiques, en réduisant la prescription d'antibiotique ou, chez les personnes âgées, en encourageant la vaccination antigrippale. Les professionnels de santé étaient également incités à favoriser le dépistage des cancers du sein ou du col de l'utérus.

Pour la première année de mise en application de cette nouvelle forme de rémunération, "ces praticiens ont réalisé leurs objectifs à 50% en moyenne" rapportent Les Echos. A noter, "la quasi-totalité d'entre eux ont adhéré au dispositif", indique le quotidien économique. Un résultat remarquable puisque, "au départ, le principe d'une rémunération à la performance, en sus du sacro-saint paiement à l'acte, avait été contesté par les syndicats et l'Ordre des médecins", rappelle Le Monde.

Comme le rappelle Jean-Francis Pécresse dans son éditorial (Les Echos, page 10), ce dispositif a été "introduit par la convention médicale de 2011". Il "esquisse une petite révolution pour la pratique libérale française", analyse Vincent Collen, dans ce quotidien (page 4).

Pourtant, le principe même de cette mesure reste controversé, notamment chez les patients. "Il peut sembler choquant de récompenser les médecins pour mieux suivre des patients diabétiques ou vacciner les personnes âgées contre la grippe, alors qu'il s'agit là d'une partie intégrante de leur travail", estime Magali Leo, du Collectif interassociatif sur la santé (Ciss), cité par Les Echos. Autre critique : "Verser une prime à des professionnels gagnant déjà bien leur vie suscitera la désapprobation chez certains." D'autant plus que les économies pour l'assurance maladie ne sont pas assurées, même si le directeur de la Cnam, citée par Les Echos, espère que "cette forme de rémunération générera des économies à terme, par exemple en favorisant la progression des génériques".

Trop d'examens médicaux inutiles
L'Académie de médecine a publié le 10 avril un rapport "visant à améliorer la pertinence des stratégies médicales" (Le Figaro, page 12). "On fait trop d'examens médicaux", titre Le Pari­sien/Au­jourd'hui (page 10). "La médecine fondée sur des examens n'est pas forcément celle qui rend le mieux service aux patients", note Le Figaro.

L'Académie de médecine dénonce "les examens de laboratoire ou d'imagerie […] prescrits à l'aveugle", qui "ne sont pas le fruit d'une véritable réflexion médicale", indique Le Figaro. Cette institution recommande de "mettre plus d'humanisme dans la relation patient-médecin", relève Le Parisien/Aujour­d'hui et appelle de ses vœux "une meilleure formation des médecins aux stratégies thérapeutiques", relève Le Figaro.

"En finir avec les examens inutiles, redondants, pour se couvrir d'éventuelles poursuites judiciaires, ou à la demande insistante des patients" : tel est l'objectif de ce rapport, rappelé par Le Figaro. Il vise également à améliorer ces pratiques, conscient qu'elle "permettrait de réaliser des économies à l'assurance maladie", souligne Le Pari­sien/Aujourd'hui.

Milène Leroy