Réformes de la protection sociale : renforcer la place des complémentaires

C’est aujourd’hui qu’est donné le "coup d’envoi des réformes de la protection sociale", annonce La Croix (page 6). En recevant cet après-midi les syndicats et le patronat à l’Elysée, Nicolas Sarkozy souhaite "fixer les calendriers et définir les méthodes de la concertation", rapportent Les Echos (page 2).

"Au menu, poursuit Le Figaro (page 20), le rendez-vous retraites ainsi que la revalorisation des petites pensions et de la réversion, l’emploi des seniors, la dépendance et la création du cinquième risque", la politique familiale et enfin la santé et l’assurance maladie.

Ce dernier chapitre, estime La Tribune (page 25), devrait constituer la "réforme majeure de notre protection sociale". En effet, le nombre de mesures à engager ainsi que les objectifs à atteindre dressent la mesure de ce chantier. En premier lieu, explique le quotidien économique, il convient de tout mettre en œuvre pour parvenir à l’équilibre financier de l’assurance maladie. Le président de la République "avait évoqué en septembre une ouverture partielle aux mutuelles de l’assurance santé".

En appelant à un débat sur "ce qui doit être financé par la solidarité nationale" et "ce qui doit relever de la responsabilité individuelle", Nicolas Sarkozy souhaite "renforcer la place des complémentaires santé aussi bien en termes quantitatifs que qualitatif", analyse Etienne Lefebvre dans Les Echos.

Selon ce quotidien, ce "débat autour de la redéfinition du “panier de soins“ pris en charge par le régime obligatoire va d’abord porter sur les prestations en espèces (arrêts maladie) et les soins mal couverts par l’assurance maladie (optique, dentaire, médicaments remboursés à 35%, etc.)".

Alors que les remboursements des frais dentaires représentent 2 milliards d’euros pour les soins conservateurs (caries, etc.) et 1 milliard pour les prothèses, "un transfert complet de ces dernières vers les mutuelles est souvent évoqué".

La prise en charge des audioprothèses, dont les remboursements s’élèvent à 100 millions d’euros, ou celle de l’optique (200 millions d’euros) pourraient également passer intégralement du côté des complémentaires.

Toutefois, notent Les Echos, "les syndicats qui craignent que l’on ouvre une brèche sans fin, refusent que les complémentaires interviennent au premier euro". Il faut dire que la liste des transferts potentiels pourrait s’avérer particulièrement lourde. Les médicaments pris en charge à 35%, l’homéopathie, les cures thermales, la kinésithérapie et même la prise en charge des affections de longue durée sont également évoqués parmi les réflexions en cours.

"Autant de transferts qui soulageraient le régime obligatoire mais conduiraient à des hausses de tarif des contrats complémentaires, au risque de peser sur le pouvoir d’achat et d’accroître les inégalités", déplorent Les Echos. C’est pourquoi "l’exécutif réfléchit aussi et surtout aux moyens d’impliquer davantage les complémentaires dans la régulation des dépenses", poursuit le quotidien économique...

Le retour des MST
Selon une étude publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), la France connaît actuellement une progression importante du nombre des infections sexuelles, signale Le Monde (page 8).

La recrudescence des gonocoques, de la chlamydia ou de la syphilis est pour l’Institut de veille sanitaire (Invs) "la traduction d’une reprise des comportements à risque, d’un moindre recours au préservatif et donc d’un risque accru de transmission du virus du sida", mentionne Le Figaro (page 11).

Ces trois dernières années, par exemple, l’augmentation des cas de gonocoques a été constante : en 2006 ils ont crû de 50% par rapport à 2005. C’est chez la femme qu’on constate la plus forte hausse (+264%) et en particulier en province (+94%). Généralement, les porteurs sont âgés de 30 ans pour les hommes et de 23 pour les femmes. Cette progression du gonocoque est d’autant plus inquiétante que les souches bactériennes deviennent de plus en plus résistantes, note Le Monde.

La chlamydia atteint aussi davantage la femme. Entre 2003 et 2006, le nombre de cas a augmenté de 55% chez l’homme et de 62% chez la femme. Ses symptômes sont plus discrets mais peuvent évoluer en lésions irréversibles, notamment, au niveau des trompes, prévient Le Figaro. Quant à la syphilis, elle connaît actuellement son grand retour. On la croyait disparue depuis 1990. Mais entre 2000 et 2006, 2.306 cas ont été constatés, surtout en Ile-de-France et dans la région Nord-Pas-de-Calais.

Frédéric Lavignette