Réformer la santé

A l'instar de la Mutualité Française, un collectif composé de médecins, d'experts, d'économistes et de personnalités venues d'horizons divers, entend "placer la santé au coeur de la campagne présidentielle" (Le Monde, page 13). "L'idée est d'interpeller les politiques d'autant que nous observons ces dernières années une nette aggravation des inégalités et une accélération vers la privatisation du secteur", explique le diabétologue André Grimaldi, dans un entretien au quotidien. "On est déjà en train de changer le système par petites touches, en augmentant des forfaits pour les hospitalisations, par exemple", poursuit-il dans L'Humanité (page 10).

Dans un "Manifeste pour une santé égalitaire et solidaire" publié cette se­maine, ce collectif préconise, entre autres, la création de "quatre services publics", explique André Grimaldi dans Le Monde. Parmi eux : un service public hospitalier "reposant sur l'hôpital public et le privé à but non lucratif" et un service "de la médecine de proximité reposant majoritairement sur les médecins libéraux".

Interrogé sur la question des dépassements d'honoraires, André Grimaldi propose, au nom du collectif, de "bloquer l'installation de médecins de secteur 2 dans les zones où il n'y a pas assez de médecins en secteur 1 pour garantir le respect du principe républicain de l'égalité d'accès aux soins". Autre domaine : le médicament. Là encore, l'analyse de la Mutualité Française fait des émules. "Il faut engager une vraie évaluation médico-économique des médicaments. Des taux de remboursement à 15% ou 30% n'ont pas de sens. Entre deux produits d'efficacité identique, c'est le moins cher qu'il faut rembourser", préconise ce médecin.

Enfin, ce collectif plaide pour que "l'ensemble des revenus" participe au financement de la "Sécu" et pour l'instauration d'une règle d'or : "Si les dépenses de santé médicalement justifiées augmentent, alors les recettes doivent croître en proportion."

Les blouses blanches, porteuses de bactéries
Voilà une étude qui ne va pas rassurer les personnes hospitalisées. Elle a été menée par des chercheurs du service de maladie infectieuse de l'hôpital Shaare Zedek de Jérusalem et montre "que les uniformes des médecins des hôpitaux sont infestés de bactéries, voire qu'ils sont une source d'infections nosocomiales résistantes aux antibiotiques", note Le Figaro (page 11).

Sur la totalité des blouses analysées, 40% d'entre elles étaient porteuses d'une bactérie pathogène et 10% comprenaient deux ou trois de ces bactéries, précise le quotidien. Par ailleurs, relève cette étude, "presque 60% du personnel soignant qui a participé à cette étude a indiqué changer d'uniforme chaque jour. Ce qui signifie que plus de 40% mettent leur blouse au moins deux jours de suite ! Or, 29% de ceux qui changent leur blouse tous les deux jours sont porteurs de germes contre 8% de ceux qui en changent quotidiennement", poursuit Le Figaro.

Le risque dépend donc de la fréquence du lavage. En Israël, note le quotidien, 60% du linge est lavé à l'hôpital, le reste au domicile du soignant où les normes de température ne sont pas systématiquement assurées. En France, "la fréquence de nettoyage des uniformes des médecins et des infirmières n'est pas arrêtée", indique le journal.
Jean-Michel Molins