Réformer d’urgence l’hôpital !

Au coeur d'une double actualité dramatique, l'hôpital fait la "une" de tous les journaux. Comme le relève Le Parisien/Aujourd'hui, "le décès d'un homme de 56 ans, victime d'un malaise cardiaque et qui n'a pu bénéficier à temps des soins appropriés, provoque une vive polémique". Faisant suite à la mort du petit Ilyes quelques jours auparavant, ce nouveau drame suscite de nombreuses réactions. "Pour de nombreux professionnels, ce décès révèle les difficultés du monde hospitalier", souligne le quotidien (pages 2 et 3).

En grève depuis trois semaines, l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf) dénonce "le manque de personnels et de moyens". Elle réclame un plan d'urgence afin d'éviter un risque de "catastrophe sanitaire" en cette période de fêtes "traditionnellement tendue", rapporte Le Figaro (page 9). De son côté, poursuit le journal, le président de la Mutualité française demande, dans un communiqué (lire également page 2), une vraie coordination des soins "entre la médecine de ville et les services hospitaliers". Dans Libération (page 8), Jean-Pierre Davant estime que "ces drames étaient évitables".

Invité ce matin du journal de 7h40 d'Europe 1, le président de la Mutualité française plaide pour une véritable modernisation de l'offre de soins. Pour lui, "le service des urgences de l'hôpital ne peut pas être en permanence embouteillé par des urgences qui n'en sont pas et nuisent aux cas sérieux". Tout cela nécessite "des réformes de bon sens" que les pouvoirs publics "qui se succèdent depuis des années ne font pas". Conséquence : "Notre système part à la dérive."

Pour sa part, le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, estime que "les problèmes de moyens" des hôpitaux publics sont aggravés par "les conditions de mise en place des 35 heures", notent Les Echos (page 2). Dans La Tribune (page 4), le délégué général de la Fédération hospitalière de France (FHF), Gérard Vincent, tire la sonnette d'alarme sur un problème à venir, celui de l'emploi, "compte tenu de la pression financière". "Nous ne nous en sortirons pas sans supprimer des emplois et nous devrons donc fermer des lits", explique-t-il.

Alors que le Parti socialiste réclame davantage de moyens pour l'hôpital, poursuit Le Figaro, le secrétaire national de l'UMP, Philippe Juvin, également chef du service des urgences de l'hôpital Beaujon (Seine-Saint-Denis) estime que "l'hôpital manque cruellement de pilote". Selon lui, "personne ne centralise les fermetures de lits pendant les vacances. Chaque hôpital décide dans son coin". Le projet de loi "Hôpital, patients, santé et territoires", qui doit être présenté au Parlement en début d'année, prévoit la mise en place d'un pilotage régional de la permanence des soins, via les agences régionales de santé.

Complémentaires : pourquoi les cotisations augmenteront en 2009
Selon Le Monde (page 10), les cotisations des complémentaires santé, tout acteur confondu, vont "connaître une augmentation sensible en 2009". Selon ce quotidien, les cotisations des contrats individuels devraient croître entre 3% et 7% (contre 2% à 5% en 2008) et celles des contrats collectifs de 5% (contre 3% l'année précédente).

Selon le quotidien, plusieurs raisons expliquent cette augmentation : "Tout d'abord la dérive naturelle des dépenses de santé, dues à l'augmentation des coûts des soins en raison des progrès technologiques, mais aussi de l'allongement de la durée de la vie". Par ailleurs, la taxe de 1 milliard d'euros, imposée par le gouvernement aux complémentaires santé, contribue nettement à cette hausse. "Cela correspond à une augmentation de 2,5% à 5,9% de la taxe sur le chiffre d'affaires des complémentaires santé", explique le journal.

Interrogé ce matin sur France Info et Europe 1, le président de la Mutualité, Jean-Pierre Davant, a indiqué que la hausse des cotisations devrait être "d'environ 4%", mais toutes les mutuelles n'augmenteront pas systématiquement leurs tarifs. "Certaines d'entre elles pourront étaler cette hausse sur deux ans en faisant des efforts de gestion", a précisé ce matin le directeur général de la Mutualité française, Daniel Lenoir, au micro de RMC. Interrogé sur la taxe de 1 milliard, Jean-Pierre Davant a indiqué sur Europe 1 que "le gouvernement et sa majorité parlementaire ont fait en sorte que cette taxe soit pérenne. Les mutuelles vont répercuter une partie de cette taxe dans les prochains appels de cotisations".

Frédéric Lavignette