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Réforme du système de santé : vers une « médecine de parcours »

Le gouvernement va engager "une réforme structurelle du système de santé", a annoncé le Premier mi­nistre, vendredi à Grenoble (Isère). "Cela ne sera pas l'oeuvre de quelques mois, mais des cinq ans, peut-être des dix ans à venir", a-t-il prévenu, précisent Les Echos (page 2).

Cette stratégie repose sur "la mise en place d'une médecine de parcours", a expliqué Jean-Marc Ayrault. "Ce n'est pas au patient de coordonner lui-même la série d'actes et d'interventions dont il a besoin", a expliqué le chef du gouvernement, faisant allusion au nomadisme médical, qui coûte cher à la Sécu.

C'est aux professionnels de mieux communiquer entre eux, qu'ils exercent à l'hôpital, en ville ou dans les maisons de retraite, afin que les soins appropriés soient prodigués au bon endroit, au bon moment et par le personnel adéquat, résument Les Echos.

Pour mettre en place cette réforme, le Premier ministre va s'appuyer sur un co­mité des sages, composé de sept "hautes personnalités du monde de la santé et de la recherche". Il sera coordonné par Alain Cordier, ancien directeur général de l'Assistance publique-Hôpi­taux de Paris (AP-HP).

"Le comité aura bien du travail pour trouver les moyens d'en finir avec un cloisonnement du système dont pâtissent les patients, avec d'un côté des médecins hospitaliers se plaignant de voir arriver des malades qui n'ont pas trouvé de praticiens en ville, et de l'autre, des médecins libéraux agacés de ne pas être consultés par l'hôpital sur le patient adressé, ni même informés à sa sortie", estime Le Monde de sa­medi (page 9).

"Demain, si nous ne faisons rien, nous risquons de voir se développer une médecine à deux vitesses : une offre pointue et complète pour ceux qui auront les moyens de payer, et le service minimum pour tous les autres", a mis en garde le chef du gouvernement.

Lors de son discours, Jean-Marc Ayrault a réaffirmé sa volonté "d'assurer le retour à l'équilibre des comptes de l'assurance maladie", en apprenant "à dépenser mieux", notamment en renforçant les moyens des agences régionales de santé (ARS). "L'administration de la santé est devenue un archipel, avec autour de l'Etat central, une myriade d'agences sanitaires et de caisses", a déploré Jean-Marc Ayrault, note Le Monde de samedi.

Cette "stratégie nationale de santé", laisse sceptique les syndicats de médecins libéraux, rapportent Les Echos. La CSMF estime qu'il faut "agir dès maintenant, en avançant au printemps la négociation sur la médecine de proximité". Pour le syndicat MG-France, cette politique de santé doit se traduire par la montée en puissance du forfait du médecin traitant, qui rémunère le rôle de coordinateur des soins du médecin généraliste.

Réforme des retraites : 2013 ou 2014 ?
Le Monde de samedi (pages 1 à 3) annonce que "le Premier ministre s'apprête à accélérer la réforme des retraites et envisage de rendre une partie de son projet avant la conférence sociale de l'été". Selon le quotidien, le gouvernement pencherait pour une réforme mettant en partie les retraités à contribution, en n'indexant plus les pensions à l'inflation. Mais l'exécutif aurait prévu une "carotte" politique. "Si vous demandez un effort aux retraités, il faut une contrepartie sur la dépendance : une sorte de donnant-donnant", explique, au Monde, un proche du Premier ministre.

Jean-Marc Ayrault a démenti l'information : "Le Monde a bien du mal à écrire cela sans avoir d'informations sérieuses. Je ne sais pas qui a dit ça au Monde. En tout cas, ça n'est pas moi." "Nous savons que nous avons devant nous le problème du déficit de notre système de retraite, il faudra bien le traiter un jour, a indiqué le Premier ministre. Donc le gouvernement, le moment venu, prendra toute sa responsabilité", sans préciser si la réforme serait prête dès 2013 ou repoussée à 2014.

L'exécutif surveille de près la négociation menée actuellement par les partenaires sociaux sur l'équilibre financiers des régimes complémentaires (Agirc-Arrco), souligne Le Parisien/Aujourd'hui (page 6). "Ces derniers doivent rendre leur copie début mars et s'orientent vers un gel temporaire des pensions, ce dont pourrait s'inspirer le gouvernement pour le régime général", estime la journa­liste Nathalie Schuck. Pour sa part, le président de la République a promis de ré­former rapidement le financement de la dépendance, rappelle la journaliste.

John Sutton