Réforme du système de santé : Jean-Pierre Davant en débat sur LCI

Le président de la Mutualité française, Jean-Pierre Davant, était invité le 13 mars du "Club de l’économie". Cette émission, diffusée sur la chaîne LCI, est animée par le journaliste économique Jean-Marc Sylvestre. Jean-Pierre Davant a débattu avec trois économistes sur les pistes de réforme du système de santé. En matière de financement, "il n’existe pas de solution miracle pour améliorer le déficit de 7 milliards d’euros de l’assurance maladie en 2007", a estimé le président de la Mutualité française. Mais, pour lui, la priorité est d’ores et déjà de mieux utiliser les moyens financiers actuels. "Nous disposons de suffisamment de ressources. Il faut savoir que 12% de la richesse nationale sont consacrés aux dépenses de santé. Dans un premier temps, apprenons à les gérer différemment avant de chercher de nouveaux prélèvements." Il convient, entre d’autres, "d’éviter les gaspillages".

Interrogé sur la qualité des soins, le président de la Mutualité française estime nécessaire de prendre "sans tarder toute une série de mesures". La première d’entre elles serait le développement d’une "culture de l’évaluation et du résultat". Une nécessité car force est de constater que la qualité des soins est loin d’être optimale, comme l’ont démontré les accidents de radiothérapie à Lille, Epinal ou Toulouse. Pour le président de la Mutualité française, il faut désormais mettre en place une "organisation du système de soins basée sur des protocoles rigoureux, à l’image de ceux utilisés dans le domaine de l’aviation", a-t-il expliqué. Il convient ainsi de s’appuyer sur les critères de qualité et les normes internationales qui ont été définis. Cette émission est rediffusée ce jour à 16h10 et le samedi 15, à 17h10.

Médicaments : dépenses en hausse
En 2007, les dépenses de médicaments délivrés en ville ont atteint 15,2 milliards d’euros, soit une hausse de 4,8%. "Cette croissance, bien que dynamique, est deux fois moins élevée que celle observée au début des années 2000 : +8,8% en 2001", souligne la Caisse nationale d’assurance maladie. Pour la Cnam, cette modération résulte de la progression des médicaments génériques et des actions menées en faveur de la maîtrise médicalisée, rapporte La Tribune (page 29).

En outre, 45% des dépenses de médicaments "concernent des molécules qui ne représentent pas ou peu d’amélioration du service médical rendu par rapport à l’arsenal thérapeutique préexistant", poursuit la Cnam, citée dans La Tribune. L’assurance maladie donne le cas de l’antiépileptique Lyrica®. Ce médicament a enregistré la plus forte croissance en 2007 (+42,3 millions d’euros de remboursements) et il n’apporte pas une amélioration du service médical rendu, comme l’a indiqué la Haute Autorité de santé (HAS). L’assurance maladie observe également "une tendance particulièrement marquée en France" : le report de prescriptions vers les médicaments les plus récents, au détriment des molécules plus anciennes et souvent génériquées, relève Le Figaro-économie (page 21).

La croissance des dépenses est due pour une bonne moitié (+56%) aux médicaments prescrits dans le cadre de pathologies lourdes, comme le cancer, la sclérose en plaques ou le sida, notent Les Echos (page 19). Autre facteur dynamique : les vaccins (+17,5%) avec l’apparition du Gardasil® (450 euros pour 3 injections), prévenant le cancer du col de l’utérus, et du Prévenar® (180 euros), contre les maladies à pneumocoque.

Le début d’année 2008 pourrait être marqué par un ralentissement de ces dépenses. "Il semblerait que nous ayons un effet franchise sur les volumes de médicaments consommés, mais nous n’en sommes pas encore certains", déclare prudemment Frédéric Van Roekeghem, directeur général de la Cnam, aux Echos.

Milène Leroy
et John Sutton