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Réforme des retraites : vers un recul de l’âge légal de départ

La retraite à 60 ans semble désormais être une affaire du passé. Si l'on en croit plusieurs de vos journaux, le gouvernement s'orienterait vers un report de l'âge légal du départ au-delà de 60 ans. Comme l'indique La Tribune (pages 2 et 3), "l'exécutif souhaiterait, dès le 1er janvier 2011, repousser l'âge de départ à la retraite et allonger la durée de cotisation pour une retraite à taux plein". Celle-ci devrait atteindre 41,5 ans en 2020 et l'âge de départ pourrait atteindre les 62 ou 63 ans, à raison d'un trimestre par an. En 2030, la durée de cotisation pourrait passer à 42 ans, voire 42 ans et un trimestre.

D'après Le Monde (page 10), ces deux mesures ne devraient pas suffire à résorber le déficit des retraites. Aussi, le gouvernement cherche-t-il de nouvelles recettes. L'une d'elles constituerait à taxer les hauts revenus. Cette mesure "symbolique" devrait rapporter aux environs de 600 millions d'euros. L'Etat n'exclut pas non plus de "taxer davantage les stock-options et les revenus du capital".

Toutefois, l'essentiel des ressources attendues par l'exécutif proviendrait d'une hausse des cotisations retraite, indiquent Les Echos (page 2). Celle-ci devrait permettre de contrebalancer "une baisse des cotisations chômage rendue possible par le recul espéré du chômage dans les années à venir".

De surcroît, ajoute le quotidien économique, "des mesures de convergences fortes" devraient être mises en œuvre entre les régimes du privé et du public. Elles pourraient se traduire par un relèvement du taux de cotisation des fonctionnaires (actuellement à 7,85%) sur celui des salariés du privé qui est à ce jour de 11 %. "Les mesures de réforme s'appliqueront aux régimes spéciaux (RATP, SNCF), mais leurs avantages particuliers garantis par la réforme de 2007-2008 seront maintenus", préviennent néanmoins Les Echos.

Dans un entretien au Parisien/Au­jourd'hui (page 8), le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, estime "inévitable" le relèvement de l'âge légal de la retraite, "à condition de mettre en place la reconnaissance de la pénibilité et de conserver en l'adaptant le dispositif des carrières longues". Par ailleurs, le gouvernement ne souhaite pas négliger une autre piste : la capitalisation. Pour le représentant de l'UMP, celle-ci "ne doit pas être un tabou chez nous parce qu'il ne s'agit pas de capitalisation à l'anglo-saxonne". Comme le signalent Les Echos, six organisations syndicales appellent jeudi à la manifestation.

Polémique autour du bus santé
Lancé cet automne dans l'Aisne, le "bus santé" de la Mutualité Française est en conflit avec le conseil de l'Ordre des médecins de l'Oise, qui refuse son passage dans ce département, Comme le rappelle Le Figaro de lundi 24 mai (page 7), cette action "a pour but d'amener la médecine dans les villages les plus reculés", notamment en Picardie, la région de France la plus défavorisée en matière de démographie médicale. Ce bus "avec une infirmière et une assistante sociale à son bord stationne deux demi-journées dans un village", explique le quotidien. Des analyses médicales peuvent être pratiquées dont les résultats sont présentés par un médecin. "De septembre à décembre, nous avons visité 29 communes de moins de 400 habitants et reçu 300 personnes", explique Virginie Desmaret, coordina­trice régionale du projet.

Au prétexte qu'il s'agit d'une "médecine foraine", réprimée par la loi, le conseil de l'Oise a interdit la circulation du bus. Du côté de l'Ordre national des médecins, on estime que "si la problématique de la médecine foraine est dépassée, la question de la confidentialité et du traitement des dossiers sur le long terme reste entière". Réponse de Jean-Pierre Davant : "La Cnil a donné son accord et l'infirmière qui rentre les données n'a pas accès au reste du dossier." Plus globalement, le président de la Mutualité Française estime qu'on "ne peut à la fois s'opposer à des mesures coercitives, comme obliger les médecins à s'installer à la campagne et refuser des dispositifs innovants pour lutter contre le désert médical !".
Frédéric Lavignette