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Réforme des retraites : premières propositions

A peine la page de la réforme de la politique familiale tournée, que s'ouvre celle des retraites. Yannick Moreau, présidente de la Commission pour l'avenir des retraites, remettra son rapport la semaine prochaine. Il explore de nombreuses pistes de réforme, dont certaines, dévoilées hier par le site Internet du Figaro (www.lefigaro.fr), ont été confirmées par les syndicats reçus lundi par Yannick Moreau.

Salariés du privé, fonctionnaires, retraités… personne ne serait épargné. La durée de cotisation nécessaire pour obtenir une retraite à taux plein (41,5 ans aujourd'hui), pourrait être allongée jusqu'à "43, voire 44 ans, en accélérant le calendrier de la réforme Fillon", selon Le Figaro-économie (page 20). Les cotisations sociales pourraient être augmentées de 0,1 à 0,2% sur trois ans. L'ali­gnement du taux de CSG des retraités (6,6%) sur celui des actifs (7,5%) souvent évoqué, fait également partie des préconisations, comme la suppression de l'abattement fiscal de 10% dont bénéficient les retraités. Cependant, toutes ces mesures ne se cumuleraient pas. Comme le rapportent Les Echos (page 4), le gouvernement conçoit ce rapport comme une "boîte à outils". "Ce sont des propositions, le rôle de la commission n'est pas de négocier ou de discuter", soulignait-on hier à Matignon.

Les syndicats de la Fonction publique ont très mal accueilli l'hypothèse d'une modification du mode calcul de leurs retraites. Actuellement, les six derniers mois de salaires sont pris en compte chez les fonctionnaires, contre les vingt-cinq meilleures années pour les salariés du privé. Le rapport pourrait proposer un calcul sur les trois, voire les dix meilleures années, en incluant éventuellement une partie des primes. Pour la CGT, "ce serait un casus belli irrémédiable" et "une déclaration de guerre avec le gouvernement".

"Le sujet est très délicat et complexe", soulignent Les Echos, car tous les agents ne touchent pas le même niveau de primes : rares chez les enseignants, elles représentent jusqu'à 30 à 40% de la rémunération des hauts fonctionnaires. "La piste évoquée serait très inégali­taire. Elle ferait quelques gagnants pour beaucoup de perdants. Sauf à aligner les primes, ce qui coûterait des milliards", estime Guy Barbier de l'Unsa fonctionnaires. "En 1993, le passage dans le privé des dix dernières années aux vingt-cinq meilleures a fait baisser les pensions", affirme Eric Aubin de la CGT. "Nous serions bien sûr très hostiles à ce changement", renchérit Force ouvrière. Reste à savoir si le gouvernement s'aventu­rera dans cette voie, envisagée un temps par Nicolas Sarkozy.

Enfin, concernant la pénibilité du travail, le rapport Moreau fait deux propositions : l'instauration de congés de fin de carrière ou un système d'acquisition de suppléments de retraites, souligne Libération (page 14). Mais seuls le travail de nuit et l'exposition à des substances cancérigènes seraient pris en compte dans la pénibilité.
Le chantier de la réforme des retraites sera lancé, sur la base des propositions du rapport Moreau, lors de la Conférence sociale des 20 et 21 juin. Le gouvernement proposera un projet de loi au début de l'automne, après deux mois de consultation avec les partenaires sociaux, précise Le Figaro-économie.

Ces médecins formés à l'étranger
"Un jeune médecin sur quatre diplômé à l'étranger", titre la "une" du Parisien/Aujourd'hui. Pour remédier aux déserts médicaux, la France fait de plus en plus appel aux médecins étrangers. Toutefois, de plus en plus d'étudiants français vont chercher leur diplôme hors de l'Hexagone, souligne le quotidien. En 2012, un nouvel inscrit sur quatre au tableau de l'Ordre national des médecins a obtenu son diplôme à l'étranger. Un chiffre en augmentation de 43% en cinq ans. La faculté de médecine de Louvain, en Belgique, compterait plus de Français que de Belges. Entre 10 000 et 20 000 Français étudieraient la médecine en Hongrie, en Roumanie ou en Espagne. Un exil qui pousse l'Ordre des médecins à s'opposer au numerus clausus, dont la suppression est également réclamée par l'institut Montaigne.

"La pénurie de médecins ? C'est simple, dans mon cabinet, nous sommes six dentistes. La moitié vient de l'étranger. J'ai un collègue syrien et deux autres espagnols", témoigne, dans Le Pari­sien/Aujourd'hui (page 3), Christine Pruvost, dentiste à Mâcon (Saône-et-Loire). "Heureusement qu'ils sont là, observe-t-elle. Mais tout n'est pas facile pour eux. Notre dentiste syrien a mis plus de cinq ans à obtenir une équivalence à son diplôme car il ne venait pas d'un pays de l'Union européenne. Il a donc dû suivre des stages complémentaires à l'université de Lyon."

John Sutton