Réforme des retraites : les trois scénarios du Cor

Le Conseil d'orientation des retraites (Cor) a publié hier des données qui inquiètent les syndicats. En effet, cet organisme "a évalué plusieurs scénarios, visant tous à retarder le moment du départ en retraite", indique Le Figaro (page 18). Même si les trois pistes étudiées par le Cor ne constituent pas des propositions de réforme, elles pourraient influencer l'exécutif dans sa volonté de réduire le déficit du régime général des retraites.

Alors qu'actuellement la durée de cotisation est fixée à 40,5 ans, la première simulation envisagée par le Conseil se base sur un allongement progressif de sa durée. "De 41,5 ans en 2020, on passerait ainsi à 43,5 ans en 2050", précise La Croix (page 11). Dans ce schéma, l'âge de départ à la retraite serait augmenté d'un trimestre en 2050, la pension moyenne serait ré­duite et finalement le solde de la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav) s'améliorerait de 9 milliards d'euros.

La deuxième simulation porte sur "une augmentation progressive, à raison d'un trimestre par an, de l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 63 ans", explique La Tribune (pages 2 à 4). Avec un tel dispositif, la Cnav pourrait améliorer son solde de 17 milliards en 2030. Globalement, soulignent Les Echos (pages 4 et 5), un tel scénario rapporterait beaucoup moins au-delà de 2030, puisqu'il ne couvrirait plus que 27 % des besoins de financement de la Cnav en 2050. En outre, ajoute Le Figaro, "sans amélioration de l'emploi des seniors, cette piste plomberait les comptes de l'assurance chômage ou maladie".

Enfin, la troisième piste envisagée par le Cor consiste à combiner un report de l'âge légal à 63 ans avec 45 ans de cotisation. Si cette option permet de couvrir 53 % des besoins de financement à l'horizon 2050, elle est aussi la plus défavorable aux salariés, relève Le Parisien/Aujourd'hui (page 8). Comme le note La Croix, les syndicats "craignent que ces simulations ne servent qu'à préparer les esprits à une réforme douloureuse".

Nouveau plan santé au travail
Lors d'une réunion du Conseil d'orientation des conditions de travail (COCT), le ministre du Travail, Eric Woerth, a présenté les grands axes du second plan santé au travail 2010-2014. Pour La Tribune (page 7), cette étape prévoit de "renforcer la prévention des risques professionnels, en particulier des risques psychosociaux, du risque chimique et des troubles musculo-squelettiques (TMS)".

De cette façon, le ministre souhaite stabiliser le nombre de maladies professionnelles d'ici à 2014. Pour la seule année 2008, 45.000 maladies liées au travail ont été enregistrées, dont 425 ont abouti à un décès. Eric Woerth souhaite également réduire de 25% les accidents du travail d'ici à 2012, rapporte Le Parisien/Au­jourd'hui (page 8). Chaque année, on enregistre 700.000 de ces accidents, dont plus de 44.000 sont graves.

Par ailleurs, un nouveau pas a été franchi par les travailleurs qui ont été en contact avec l'amiante. Comme l'expliquent Les Echos (page 5), ceux "qui ont accepté le dispositif de préretraite proposé par l'Etat depuis 1998 peuvent réclamer à leur ancien employeur un dédommagement pour le “préjudice d'anxiété“ vécu".
Frédéric Lavignette