Réforme des retraites : le conflit se durcit

Le conflit sur la réforme des retraites serait-il en train de connaître un tournant ? Alors que l'examen de ce texte débute aujourd'hui au Sénat, les syndicats brandissent de nouveaux arguments pour faire reculer la réforme. Puisque "le gouvernement reste campé sur son intransigeance", rapporte Libération (page 16), les organisations syndicales ont décidé hier soir de programmer une mobilisation de forte ampleur le 12 octobre.

L'exécutif, confirme La Tribune (page 6), n'entreprend que des gestes symboliques. "Aller au-delà de concessions atténuant les effets de la réforme pour les catégories les plus fragiles (chômeurs, handicapés, mères de famille…) en touchant aux deux bornes d'âge (62 ans pour l'âge légal de départ et 67 ans pour la retraite à taux plein) aurait un coût financier et politique que le chef de l'Etat n'est pas prêt à assumer", avance le quotidien économique.

Le texte pourrait être légèrement adouci par les sénateurs, note Libération. En particulier sur l'aménagement du recul de l'âge du départ à taux plein pour les femmes qui n'ont pas toutes leurs années de cotisations. D'autres modifications permettraient également de lâcher du lest. En effet, près de 1.200 amendements ont été déposés hier, "dont les trois quarts par la gauche", majoritaire à la Chambre, indique Le Parisien/Aujourd'hui (page 4). Par conséquent, avec seulement 150 sénateurs UMP sur 343 membres, il n'y aura pas de majorité absolue.

Il n'empêche, observe Le Monde (page 8), le Sénat "reste ferme sur les dispositions clefs du texte", dont le vote est prévu autour du 15 octobre. "Peu de chances, dans ces conditions, de voir les syndicats appeler à la fin du mouvement", indique Libération. D'après Le Parisien/Aujourd'hui, "les appels et menaces de grève s'intensifient dans plusieurs secteurs".

Par exemple, la CGT, premier syndicat de la RATP, vient de déposer "un préavis de grève illimité à compter du 12 octobre". De leur côté, "les routiers réfléchissent à des actions ciblées", tandis que les cheminots se prononceront demain sur leur stratégie. De surcroît, une nouvelle mobilisation pourrait avoir lieu le samedi 16 octobre, croient savoir Les Echos (page 4). C'est sous la "pression" de cet éventuel durcissement du mouvement que les sénateurs vont débattre.

Plus de chambres particulières à l'AP-HP
A l'avenir, le parc des chambres individuelles dans les établissements de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) devrait être élargi. Dès lors, note Le Parisien/Aujourd'hui (page 9), "ce sera 55 euros la nuit pour ceux qui demandent une chambre particulière". De cette manière, l'AP-HP pourra renflouer une partie de son déficit qui s'élève à 95 millions d'euros en 2010. Mais pour le patient, ou sa complémentaire, "c'est une charge supplémentaire".

Comme l'explique Eric Badonnel, conseiller du président de la Mutualité Française, "ce choix est stratégique pour les hôpitaux publics qui sont souvent en situation délicate ; il peut leur permettre d'approcher l'équilibre". Néanmoins, poursuit-il, des discussions avec l'AP-HP vont être engagées en 2011 afin de "négocier" une baisse des prix.
Frédéric Lavignette