Rebond spectaculaire pour les génériques

Fin décembre 2012, le taux de substitution de médicaments de marque par des génériques s'est élevé à 83,9%. Huit mois plus tôt, la substitution par le pharmacien n'intervenait que dans 71% des cas, remarquent Les Echos (page 2), qui soulignent un rebond "spectaculaire", même si le taux de 85% fixé dans l'accord n'a pas été tout à fait atteint.

Cette évolution est largement imputable à l'accord "tiers payant contre génériques" mis en place au printemps dernier, note le quotidien. Son prin­cipe : "Les patients qui refusent qu'un pharmacien leur délivre une version générique d'un médicament doivent faire l'avance des frais, avant de se faire rembourser ensuite par l'assurance maladie." Un effet dissuasif "assez déterminant".

Après avoir dépassé 80% en 2008, le taux de substitution n'avait cessé de diminuer les années suivantes, rappellent Les Echos. "En 2011, le marché avait même reculé de 3%." Il faut dire que l'image des génériques a été quelque peu écornée ces derniers temps. Selon un récent rapport de l'inspection générale des Affaires sociales (Igas) "des leaders d'opinion mettent en cause régulièrement l'efficacité et la qualité des médicaments génériques et installent durablement dans l'opinion un sentiment de suspicion".

Le mois dernier, l'Agence de sécurité du médicament et des produits de santé s'est d'ailleurs sentie obligée de diffuser un document "pour lutter contre la réti­cence vis-à-vis des médicaments génériques, qui est loin d'être aussi forte dans d'autres pays". Associée à la contrainte introduite par l'accord "tiers payant contre génériques", cette politique de réhabilitation a certainement produit ses effets dans des départements justement frileux.

Ceux qui "étaient à la traîne ont rattrapé une grande partie de leur retard", observe Philippe Gaertner, le président du syndicat des pharmaciens FSPF. A Paris, dans les Hauts-de-Seine, dans les Bouches-du-Rhône ou les Alpes-Maritimes, le taux de substitution des génériques a ainsi augmenté de 20%, et en Loire-Atlantique il dépasse même les 90%. Seule la Corse-du-Sud reste à la traîne avec 75,6%.

Avec un taux de substitution proche de l'objectif, l'assurance maladie devrait économiser 200 millions d'euros en année pleine. En outre, rapportent toujours Les Echos (page 5) à l'appui des derniers chiffres rendus publics par l'Assurance-maladie, "les ventes de médicaments délivrés en pharmacie ont reculé de 1,5% sous l'effet des baisses de prix et de la progression des génériques". Un résultat qui a contribué à la lente progression des dépenses de soins de ville (+ 0,5%) sur les onze premiers mois de 2012 par rapport à la même période de 2011.

Mise à la porte à 94 ans
Pour cause de défaut de paiement, une maison de retraite de Chaville (Hauts-de-Seine) a renvoyé l'une de ses pensionnaires âgée de 94 ans. Une décision qui suscite l'indignation de beaucoup.
Depuis près d'un an, explique Le Parisien/Aujourd'hui (page 6), la direction de la Villa Beausoleil "ne parvenait pas à obtenir de la famille le paiement de 40 000 euros d'arriérés. Et ce, malgré une ordonnance de justice condamnant la résidante à régler la facture".

Même si la famille ne payait plus les mensualités, la méthode utilisée par l'établissement a créé la polémique. Une fois la décision prise par la direction, des ambulanciers ont en effet transporté vendredi la vieille dame jusqu'à chez son fils à Brou (Eure-et-Loir). En l'absence de celui-ci, ils décident finalement de l'envoyer aux urgences de l'hôpital de Châteaudun.

D'après le responsable de la maison de retraite, la famille n'est pas dans le besoin, rapporte La Croix (page 7), pas plus que la pensionnaire dont la re­traite est "comprise entre 2 300 et 2 700 euros par mois, captée par ses enfants". L'un de ses deux fils est médecin, poursuit Libération (page 13). L'autre gestion­naire de biens. Mais entre eux, il semble y avoir quelques tiraillements.

Cette exclusion est en tout cas "une première", écrit le quotidien, "et surtout un acte illégal. Car la vielle dame est chez elle dans la maison de retraite : sa chambre est un espace privé". Pour la ministre chargée des Personnes âgées, Michèle Delaunay, cette expulsion est "une violation du droit et de la dignité humaine". Elle a par conséquent demandé une enquête à l'agence régionale de santé (ARS).

Interrogé par Le Parisien/Aujourd'hui, Pascal Champvert le président de l'As­sociation des directeurs au service des personnes âgées (ADPA), estime pour sa part que ce choix de la maison de re­traite était certes "maladroit" mais que sur le fond "elle avait raison". Selon lui, "3 à 4% de gens malhonnêtes" refusent de payer la maison de retraite alors qu'ils en ont les moyens. A cette occasion, "question de solidarité nationale", il préconise donc d'"instaurer la prestation autonomie, pour augmenter les moyens donnés aux établissements d'accueil. C'était une des promesses de campagne de François Hollande, elle devrait être mise en place en 2014".
Frédéric Lavignette