Rapport sur le Mediator® : haro sur l’Afssaps

Après avoir reçu hier longuement le Pr Bernard Debré, député UMP de Paris, et le Pr Philippe Even, directeur de l’institut Necker (Paris), les deux auteurs du rapport sur le Mediator®, le ministre de la Santé s’est félicité du "vrai travail" accompli par les deux médecins.

"C’est une contribution vraiment importante à la réforme que j’entends mettre en oeuvre avant l’été", a dé­claré Xavier Bertrand, ajoutant : "Ce ne sera pas un rapport qui restera lettre morte", note Le Figaro (page 11). "De leurs huit points, aucun ne sera à écarter", même "si certains feront débat", a assuré le ministre.

Le Point n° 2009 (page 85) donne les principaux axes de ces huit propositions contenues dans le rapport : la primauté de l’intérêt du malade, l’indépendance des experts, la responsabilité, l’exigence sur les essais cliniques et la réactivité de la pharmacovigilance. Ces propositions "s’ajoutent à celles de la revue Prescrire et de la Mutualité française, déjà publiées", souligne Le Monde (page 15).

Les critiques des deux médecins sur l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) sont particulièrement sévères. Ils la décrivent comme "un monde clos, refermé sur lui-même, sans contact avec les instances professionnelles et universitaires médicales et pharmaceutiques", rapporte Le Figaro. Bernard Debré et Philippe Even fustigent une agence qui "a permis en quarante ans l’accumulation de près de 2.000 molécules, sous 4.500 marques et présentations différentes, souvent sans autre logique que celle du profit" et qui vit sous "influence de l’industrie du médicament".

"Bien au-delà du Mediator®, elle a échoué partout. Dans son rôle de filtre au service des malades, de la santé publique, des finances de l’Etat, dé­nonce le rapport, cité dans Le Point (page 84). Elle a laissé entrer sur le marché toutes les molécules que souhaitait y faire entrer l’industrie, utiles ou inutiles..."

Dans un entretien au Pari­sien/Aujourd’hui (page 16), le nouveau directeur de l’Afssaps, le Pr Dominique Maraninchi, admet qu’il y a eu "d’importants dysfonctionnements". Il promet que "l’efficacité des médicaments va être régulièrement réévaluée". "A partir de la semaine prochaine, tous les propos des différents experts qui s’expriment dans les commissions d’AMM seront intégralement mis en ligne sur notre site Internet (afssaps.fr)", annonce Dominique Maraninchi.

La ruée vers l’iode
La catastrophe nucléaire au Japon a d’ores et déjà une répercussion en France. En effet, de nombreux pharmaciens font état de demandes irrationnelles et croissantes de comprimés d’iode, par des personnes qui souhaitent en acheter à titre préventif ou "au cas où", rapporte Le Monde (page 6). Les mêmes scènes ont été observées en Allemagne ces derniers jours. Aux Etats-Unis, le principal fabricant de comprimés d’iodure de potassium, Anbex, est en rupture de stock en raison de la demande massive, notamment sur la côte Ouest.

Quels sont les risques sanitaires de la radioactivité ?, interroge pour sa part Le Figaro (page 4). Ils dépendent largement de la dose reçue. Le risque de cancer apparaît à partir d’une exposition de 100 millisieverts et augmente de 5,5 % par sievert. Les médecins fixent la ligne rouge à 1.000 millisieverts. "A partir de cette dose, les rayonnements ionisants commencent à détruire votre moelle osseuse. Les cellules souches sont atteintes, c’est automatique, et les effets sur la santé, comme par exemple des vomissements, sont directement vi­sibles", explique dans La Croix (page 4) Patrick Gourmelon, directeur de la radioprotection de l’Homme à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).
John Sutton