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Rapport sur l’avenir de la médecine de proximité : la piste du paiement à l’acte gradué

L'ancienne ministre de la Santé, Elisabeth Hubert, remet aujourd'hui à Nicolas Sarkozy, son rapport sur l'avenir de la médecine de proximité. Elle préconise "un paiement à l'acte gradué", qui tienne compte de la complexité et de la durée de la consultation, une réforme des études médicales, un renforcement de la coopération entre les différents professionnels et un développement des maisons et pôles de santé, résument Les Echos (page 3).

"On ne peut plus payer le même prix pour une consultation, quelles que soient sa complexité et sa durée", estime Elisabeth Hubert, qui propose "un paiement à l'acte gradué", dans un entretien au Quotidien du médecin d'hier (page 2). L'ex-ministre défend l'idée de "quatre ou cinq tarifs", pouvant aller jusqu'à "60 euros pour un acte, quand il vaut bel et bien ces 60 euros".

"Au total, les revenus nets des médecins ne seront peut-être pas plus élevés, mais au moins, ils arrêteront de régresser", fait-elle valoir.

Concernant les zones sous-médicalisées, l'auteur du rapport sur la médecine de proximité refuse de remettre en cause la liberté d'installation. Selon elle, "l'exercice des professionnels dans les territoires déjà désertifiés en médecins doit être reconnu ”de service public ”" et assorti d'une rémunération fixe "conséquente". En tout état de cause, poursuit Elisabeth Hubert, "l'aide à l'installation doit être non seulement financière, mais aussi organisationnelle, je pense au compagnonnage, à la formation à l'exercice libéral".

Par ailleurs, "les maisons et pôles de santé pluridisciplinaires devront être mieux accompagnés : leur environnement juridique a besoin d'être sécurisé, leur viabilité économique doit être garantie". L'effort devra aussi porter sur l'informatisation du système de santé. Dans ce do­maine, "nous avons des années lumières de retard !", s'exclame l'ancienne ministre. "La puissance publique doit financer ce chantier grâce auquel on va disposer d'une masse de données, affirme-t-elle. L'idée est de dire aux médecins : je vous mets à disposition le matériel, de la maintenance, éventuellement l'aide d'un technicien d'information médicale, comprenez qu'en échange, je m'intéresse à l'exploitation des données."

Enfin, la formation des médecins est un élément fondamental du rapport. Principale critique : les études médicales sont trop centrées sur l'hôpital et pas assez sur l'exercice général de la médecine. "Etre mé­decin, c'est aussi exercer en libéral, être médecin du travail, en PMI ou en santé publique", souligne Elisabeth Hubert.

Protection sociale : réactions au projet de concertation
La proposition de François Fillon d'organiser une concertation sur la protection sociale fait réagir les syndicats, et des députés de l'opposition comme de la majorité, rapporte Le Monde (page 9). "En matière de protection sociale, le Premier ministre parle de concertation pour déterminer ce qui doit relever de l'assurance obligatoire ou facultative, collective ou individuelle. Cet aveu d'enterrement des principes fondateurs de la Sécurité sociale marque une régression", juge Bernard Van Craeynest, le président de la CFE-CGC.

Pour Marisol Touraine, responsable des questions de santé au PS, "M. Fillon a créé plus d'inquiétude qu'il n'a apporté d'assurances sur la pérennité du système". La députée socialiste redoute "la tentation du gouvernement de tester avec le dossier de la dépendance un nouveau mode de prise en charge des risques sociaux", avec pour conséquence un "recul de la solidarité collective au profit de l'assurance privée".

En revanche, Yves Bur, député UMP et rapporteur du budget de la Sécu, voit dans cette future concertation un moyen de "sensibiliser les Français aux problèmes du financement de la santé", et le signe que cette question fera l'objet d'un débat pendant la campagne présidentielle. En 2007, Nicolas Sarkozy avait déclaré vouloir accentuer la part de "responsabilité indivi­duelle" dans la protection sociale, rappelle Le Monde. "Les complémentaires santé sont d'ailleurs prêtes à davantage s'investir, à condition d'avoir leur mot à dire sur les remboursements et l'évolution du système", indique ce quotidien.
John Sutton