croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Rapport de l’Afssaps : les antibiotiques, ça redevient automatique !

La consommation d'antibiotiques repart à la hausse en France depuis 2005. C'est le constat de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Notre pays reste l'un des plus gros consommateurs d'Europe, au deuxième rang derrière la Grèce. Pour cette raison, l'Afssaps annonce la finalisation d'un troisième plan sur ces médicaments. Objectif : lutter contre le développement des résistances aux antibiotiques, directement liées à leur surconsommation.

"La consommation d'antibiotiques fait de la résistance", ironisent Les Echos (page 22). Après avoir baissé de 21% entre 1999 et 2004, leurs ventes ne reculent plus et même repartent légèrement à la hausse depuis cinq ans, selon un nouveau bilan publié aujourd'hui par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), indique Le Figaro (page 11).

La consommation de ses médicaments s'est ainsi stabilisée autour de 30 doses journalières pour 1.000 habitants. Cela a représenté un total de 157 millions de boîtes vendues en 2009, pour un chiffre d'affaires de 852 millions d'euros et un coût de 556 millions d'euros pour l'assurance maladie obligatoire.

Conséquence : la France caracole toujours en tête des pays européens pour leur consommation, au deuxième rang derrière la Grèce, mais très loin devant les Pays-Bas, champions en matière de limitation des antibiotiques.

Le directeur général de l'Afssaps annonce la finalisation d'un troisième plan sur les antibiotiques. Objectifs : "maîtriser" et "rationaliser" la prescription, afin de "conduire à un moindre – et à un meilleur – usage des antibiotiques, tant en ville qu'à l'hôpital", explique Dominique Maraninchi, dans Les Echos.

Outre les économies engendrées pour la Sécurité sociale, il s'agit de lutter contre le développement des résistances à ces médicaments, directement liées à leur surconsommation. Or face à cette me­nace, l'innovation thérapeutique est en panne : ces dix dernières années, seule une dizaine de molécules ont été mises sur le marché et 25 ont cessé d'être commercialisées, précise Le Figaro.

En Europe, environ 25.000 décès sont associés chaque année aux bactéries multirésistantes, dont 4.200 en France. Selon l'Afssaps, l'un des dangers réside dans le recours accru aux antibiotiques dits "de réserve", comme les carbapénèmes, dont l'usage devrait être limité aux cas préoccupants. Les infectiologues rappellent que les infections des voies aériennes (angines, bronchites…), qui sont majoritairement d'origine virale, sont encore trop souvent traitées par antibiotiques..

L'Afssaps promet un "vaste check-up de tous les médicaments"
C'est la semaine du médicament, avec presque chaque jour la publication d'un rapport : aujourd'hui celui de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), demain celui de la mission d'information de l'Assemblée nationale et jeudi la synthèse des Assises du médicament.

Dans un entretien à Libération (page 11), Dominique Maraninchi, directeur général de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), promet "un vaste check-up de tous les médicaments", parce qu'en France, "il y en a trop". "L'Agence a programmé la réévaluation du rapport bénéfices-risques de 100 à 200 médicaments, en donnant la priorité aux produits largement distribués et dont le service médical rendu est jugé faible ou insuffisant", annonce-t-il.

Pour Dominique Maraninchi, "ce n'est pas aux firmes (pharmaceutiques) d'analyser les bénéfices et les risques de leurs produits". "Les commissions donnent des avis, et c'est à nous, à l'agence, de prendre les décisions, déclare-t-il à Eric Favereau. Ce n'est pas aux experts de décider, car par nature, ils sont liés à l'industrie."

Il n'empêche que le choix de ces experts doit être réformé : ils devront "s'engager à interrompre leur activité auprès des laboratoires durant leur collaboration avec l'Afssaps" et ne pas rester en poste trop longtemps. "Je pense qu'il faut aussi essayer d'intégrer les patients dans le processus", ajoute Dominique Maraninchi.
John Sutton