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Rapport annuel du Secours catholique : la pauvreté gagne du terrain

Au cours de l'année 2012, le Secours catholique a accompagné plus de 1,4 million de personnes en situation de précarité, comprendre en dessous du seuil de pauvreté, voire en situation de grande pauvreté. Dans le rapport annuel que remet aujourd'hui l'association, leur niveau de vie moyen est estimé à 497 euros par mois, "soit un recul de près de 3% par rapport à 2011", rapportent Les Echos (page 6).

L'essentiel de ces "pauvres", indique le document, est constitué de femmes (56% et 57% pour ces deux dernières années), alors qu'il y a dix ans elles n'en représentaient que la moitié. Selon le Secours catholique, cette surreprésentation est surtout due "au fait que ce sont plus souvent les femmes qui élèvent les enfants après une séparation".

Toutefois, le nombre de couples avec enfants qui réclame de l'aide auprès de l'ONG est lui aussi en augmentation. Toujours en 2012, rapporte L'Humanité (page 8), ils étaient 43%, contre 41% en 2008. L'autre progression constatée, ajoute Libération (page 13), est la proportion de ménages sans aucune ressource accueillis par l'association. Ils étaient 16% en 2011, ils sont désormais 17%. L'âge des personnes secourues est également à la hausse (les 50 ans et plus étaient de 25% en 2012, autant que les 40-49 ans), au même titre que la part des étrangers (33% ont eu recours au Secours catholique en 2012, contre 20% en 2000).

Les plus pauvres sont de plus en plus éloignés de l'emploi, ajoute La Croix (page 5). En effet, "avec la crise, la part des chômeurs parmi les personnes accueillies est en constante augmentation", et quand il existe un emploi, celui-ci est de moins en moins "bonne qua­lité". A ce titre, les personnes en CDI ont représenté 4,8% des fréquentations, 5,3% étaient à temps partiel et 0,7% bénéficiait d'un emploi aidé.

Pour toutes les dépenses contraintes, telles que l'alimentation, le logement ou encore l'habillement, les impayés sont nombreux, observe le Secours catholique. Six personnes sur dix perçoivent des aides, particulièrement en matière de logement, où les difficultés sont les plus criantes. Ces dernières affectent notamment les jeunes, écrit L'Humanité puisque 42% des moins de 25 ans sont en situation de logement précaire (contre 39% en 2011) quand ils ne vivent pas dans des squats ou, pour 9% d'entre eux, dans la rue.

La colère des sages-femmes
Plusieurs milliers de sages-femmes doivent manifester aujourd'hui dans les rues de Paris pour réclamer une reconnais­sance de leurs compétences. En grève depuis le 16 octobre, leur colère a explosé "lorsqu'elles ont cherché, en vain, une référence à leur métier dans le projet de loi de santé publique 2014 au chapitre périnatalité", raconte Le Parisien/Aujourd'hui (page 10).

La première de leurs revendications, écrivent Les Echos (page 6), vise à obtenir le statut de praticien de premier recours : puisqu'elles se considèrent comme des praticiens, elles veulent être reconnues comme tels, c'est-à-dire intervenir directement auprès des femmes enceintes, sans que ces dernières soient obligées de passer d'abord par un gynécologue. Cette reconnaissance leur permettrait d'être assimilées à "des professionnelles capables d'assurer en ville, au même titre qu'un généraliste ou un gynécologue, un suivi des femmes pour toutes les grossesses physiologiques, c'est-à-dire sans complications", précise La Croix (page 6).

Elles réclament également le même statut que les autres professions médicales à l'hôpital, assorti d'une revalorisation de salaire, alors qu'elles sont aujourd'hui classées dans la catégorie des personnels paramédicaux, ajoutent Les Echos. Cette revendication, bien qu'ancienne, n'a jamais été satisfaite. Leur profession est pourtant reconnue "depuis le XVIIIe siècle, comme une profession médicale au même titre que les médecins et les chirurgiens-dentistes", relève La Croix.

Frédéric Lavignette