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Rapport Vallancien : favoriser l’essor des maisons de santé

Les maisons de santé sont sur la bonne voie mais elles peuvent mieux faire. C'est l'un des constats du rapport remis aujourd'hui au gouvernement par le professeur Guy Vallancien, chef du service d'urologie et de néphrologie à l'Institut mutualiste Montsouris (Paris), au sujet de ces unités de soins de premiers secours.

Comme le rappellent Les Echos (page 4), "les maisons de santé regroupent sous un même toit, plusieurs professionnels de santé (par exemple six médecins généralistes, trois infirmières, un kiné...)". Ils dispensent des soins de façon coordonnée et s'efforcent de respecter un projet commun, tel que des objectifs de santé publique.

Avec leur mise en place, le gouvernement espère à la fois désengorger les urgences des hôpitaux et faire reculer les déserts médicaux en encourageant l'installation des jeunes généralistes dans les zones sous-représentées, souligne le quotidien économique. Actuellement, indiquent les auteurs du rapport, 160 maisons de santé fonctionnent. Un chiffre qui aurait doublé en un an, ce qui témoigne "d'une accélération de la montée en charge", fait remarquer Guy Vallancien.

Cela dit, observe La Tribune (page 7), on est bien loin des 3.000 maisons de santé espérées par les pouvoirs publics. Pour encourager plus encore leur développement, le rapport préconise "une demi-douzaine de mesures. Parmi elles, la création d'un fonds national finançant leur création et la mise en place d'un paiement mixte, forfaitaire et à l'activité" pour les professionnels de santé, explique ce journal.

Cette dernière suggestion risque de ne pas enthousiasmer les médecins libéraux, "opposés à la remise en cause du sacro-saint principe du paiement à l'acte", écrit La Tribune. De surcroît, note le quotidien, le cœur n'y est plus : le métier de généraliste "n'attire plus les étudiants et les praticiens en place estiment leur rôle dévalué".

Afin de "refonder la médecine libérale", le président de la République, Nicolas Sarkozy, a d'ailleurs demandé un rapport à l'Ordre national des médecins. Ce­pen­dant, l'Etat et les médecins n'ont pas la même conception de la revalorisation du métier, relève La Tribune. En effet, si le premier souhaite qu'elle permette de "résoudre les dysfonctionnements de notre système de soins", comme la sous-médicalisation des banlieues et des campagnes, les médecins songent plutôt à une revalorisation des tarifs des consultations. Ainsi, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) vient d'appeler les généralistes à augmenter unilatéralement de 1 euro le prix de leurs consultations à compter d'avril, annonce La Tribune.

Mortalité maternelle : un décès sur deux est évitable
En France, des femmes meurent encore lors des accouchements. C'est qui ressort d'une enquête publiée aujourd'hui dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Comme le rapporte Le Figaro (page 10), "actuellement, chaque année entre 70 et 75 femmes meurent pendant leur grossesse ou des suites d'un accouchement, alors que plus de 830.000 naissances sont recensées".

Avec 9,6 décès de mères pour 100.000 naissances, indique Le Parisien/Aujourd'hui (page 11), "la France doit encore progresser pour rejoindre les meilleurs pays dans la lutte contre la mortalité maternelle". Surtout que la moitié d'entre eux pourrait être évitée. Selon La Croix (page 9), "la cause la plus fréquente (25%) de décès reste l'hémorragie (dite de la “délivrance“) lors de l'accouchement".

Un incident de ce type réclame l'intervention de toute une chaîne de soins avec un anesthésiste-réanimateur, un obstétricien, des sages-femmes et des infirmières. Or, comme le pointe le professeur Gérard Lévy, président du Comité national d'experts sur la mortalité maternelle, "cet environnement n'est pas toujours disponible tout de suite dans les petites maternités où l'on n'a pas toujours, non plus, l'expérience nécessaire pour gérer cette urgence".

Un quart de cette mortalité intervient au cours de la grossesse, indique Gérard Lévy : "dans ce cas, le décès peut être provoqué par des infections ou des complications d'une hypertension artérielle ou d'une grossesse extra-utérine". Enfin, dans les jours qui suivent la mise au monde, les décès sont dus le plus souvent à des embolies amniotiques (12% des décès) ou à des thrombo-embolies veineuses (10% des cas).
Frédéric Lavignette