Radiologie : erreurs de diagnostic et non-respect des règles d’hygiène

L’affaire a réellement débuté le 29 novembre dernier, raconte Le Figaro (page 9). A l’occasion d’une "inspection inopinée" d’un centre d’imagerie d’Hautmont. Ce jour-là, explique le quotidien, les services de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), en visite dans cette commune du Nord, constatent "de nombreuses non-conformités avec le Code de la santé publique". Déjà, rapporte L’Humanité (page 9), d’autres dysfonctionnements, mais plus administratifs cette fois, avaient été relevés par la Caisse primaire d’assurance maladie (Cpam) de Valenciennes. "De drôles de facturations" avaient été constatées dans ce centre.

Dans la ligne de mire des divers services d’inspection apparaît le Dr Farid Alsaïd, "un homme d’affaires ambitieux mais pas très pointilleux", explique Le Figaro. Actionnaire du cabinet, il exerçait aussi dans d’autres communes du Nord mais aussi à Hirson, dans l’Aisne. Ce médecin "cumulait les cabinets, et maintenant les soupçons", observe, sans certitude ferme, Libération (page 15). Dans chacun des établissements, des négligences ont en effet été constatées.

Nicole Galuszka, une patiente de Wattignies, a passé une mammographie dans l’un des centres mis en cause. Elle témoigne dans Le Parisien/Aujourd’hui (page 12) : "C’était malsain, on voyait tout de suite qu’il y avait des problèmes d’hygiène. C’est la dame de l’accueil, la secrétaire, qui m’a fait l’examen. (...) Elle n’a même pas désinfecté l’appareil." Des erreurs de diagnostic sont également à déplorer. "Ils interprétaient les radios, (...) on m’avait annoncé une arthrose de la hanche qui n’existait pas", ajoute un autre patient. Cette "mauvaise réputation" figure dans le rapport que la Ddass a rédigé début décembre. Les experts ont noté le non-respect du protocole de désinfection sur les sondes utilisées pour les échographies endovaginales de datation de grossesse, indique Le Parisien/Aujourd’hui. Les sondes étaient "simplement essuyées par essuie-tout entre deux patientes, sans utilisation de produits antiseptiques".

Par ailleurs, poursuit dans Le Figaro le responsable à Douai de l’ASN, François Godin, "les installations n’étaient pas contrôlées, le personnel ne bénéficiait d’aucun suivi dosimétrique" afin d’assurer sa protection. Autant de prétextes pour justifier la suspension du Dr Farid Alsaïd, principal responsable de cette affaire "crapuleuse qui est le fait de médecins indélicats", selon les propos tenus hier par la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.

Interrogé par Le Parisien/Aujourd’hui, le directeur général de la Santé, Didier Houssin, estime que le nombre de patients concernés par cette affaire est certainement "sous-évalué". Selon les listings de l’assurance maladie, 6.791 personnes ont passé en 2006-2007 une mammographie ou un examen de dépistage radio-pulmonaire sur des appareils de mesure en mauvais état. D’autre part, "on a identifié un groupe de 1.400 personnes qui a passé des examens avec des sondes endoscopiques mal désinfectées".

Rapport Attali : développer la prévention
Hier, Jacques Attali a remis à Nicolas Sarkozy le rapport de sa commission pour la libération de la croissance française. Ces 316 recommandations expliquent "comment augmenter d’un point la croissance et atteindre le plein-emploi d’ici 2012", explique Le Parisien/Aujourd’hui (page 8).

Interrogé dans Le Monde (page 9), l’ancien conseiller de François Mitterrand espère que ces mesures ne seront pas seulement "un catalogue où l’on puisse picorer". En matière de santé, mentionne Le Figaro (pages 6 et 7), "le rapport prône de développer ce secteur mais pas seulement sur des fonds publics". Les financements privés pourraient entre autres aider la recherche hospitalière afin de maîtriser les dépenses publiques.

Par ailleurs, décode Le Figaro, en filigrane, "la question de la prise en charge, directement par chacun d’entre nous, d’une partie de ses dépenses de soins est posée". La commission aspire également à définir "des crédits limitatifs" afin de ne plus dépasser l’enveloppe votée chaque année pour la Sécurité sociale.

Pour cela, elle suggère un doublement des sommes consacrées à la prévention, mais "à budget public constant", et en "s’appuyant sur des cofinancements (mutuelles, assurances, industrie pharmaceutique)". La commission souhaite que les complémentaires santé puissent, comme en Allemagne, "proposer des rabais à ceux qui acceptent une prévention ou exercent une pratique régulière" du sport.

Frédéric Lavignette