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Radiographie du vote Front national

Face-à-face pour le second tour de l'élection présidentielle, François Hollande et Nicolas Sarkozy tentent, chacun à leur façon, de ménager l'électorat de Marine Le Pen. Arrivée en troisième position du scrutin avec 17,9% des voix, la candidate du Front national et ses électeurs sont désormais plutôt courtisés.

Nicolas Sarkozy, indique ainsi Le Parisien/Aujourd'hui (page 6), est déjà parti "à la pêche aux voix du FN". Cependant, remarque le quotidien, il lui faut être stratège afin de ne pas "trop effrayer les électeurs qui ont voté François Bayrou". Il n'empêche, rapporte La Croix (page 5) par la voix de Jean-François Copé, le secrétaire général du parti présidentiel, l'UMP semble vouloir orienter la campagne de second tour vers certains axes de discussions tels que "le vote des étrangers, la maîtrise de l'immigration, la suppression des peines planchers". Des thèmes chers au FN.

De son côté, dans une interview qu'il accorde à Libération (pages 2 à 4), François Hollande souhaite également "convaincre ces électeurs". Selon lui, une partie de l'électorat de Le Pen provient de la gauche et "devrait se retrouver du côté du progrès, de l'égalité, de changement, de l'effort partagé, de la justice, parce qu'il est contre les privilèges, contre la mondialisation finan­cière, contre une Europe défaillante".

En ce sens, le vote FN n'est pas seulement le signe d'une adhésion profonde et "clairement assumée" à l'extrême droite. Aux yeux du candidat du PS, c'est aussi "un vote d'utilisation, d'instrumentalisation, de protestation. Il exprime une volonté de sanctionner". Pour le sociologue Sylvain Crépon, interrogé dans La Croix (page 5), le FN recrute "dans l'électorat qui vit la précarité ou qui a peur de la vivre, notamment dans les zones industriellement sinistrées". Selon cet en­seignant de l'université Paris-Ouest-Nanterre, il est composé de "petits commerçants qui souffrent de la crise et de la concurrence de la grande distribution, beaucoup d'ouvriers et d'employés du secteur privés, de chômeurs aussi".

D'après Les Echos (page 6), le lien entre la percée de Marine Le Pen et la crise de l'emploi se vérifie "en grande partie, mais pas de façon systématique". Sur les 55 départements métropolitains où elle a réalisé plus de 17,9% des voix, "34 accusaient fin 2011 un niveau de chômage égal ou supérieur aux 9,4% au sens du Bureau international du travail (BIT), qui fait référence pour l'Insee".

De plus en plus désindustrialisés, les départements de l'est et du nord de la France ont sans surprise "fortement contribué au succès de la présidente du FN dimanche", ajoute le quotidien économique. Néanmoins, observe Le Figaro (page 7), "le Gard est le seul département de France à la placer en tête au premier tour". Et c'est dans les montagnes qu'elle a atteint son suffrage le plus élevé du département. D'après un élu local du FN, les raisons de ce choix sont claires : "C'est la France qui paye toujours plus d'impôts, que l'on prive des services publics, à laquelle on ferme des bureaux de poste et réduit le nombre de gendarmes."

Croissance ralentie pour les complémentaires
D'après les données publiées hier par le Fonds de financement de la couverture maladie universelle (CMU) et portant sur l'année 2011, le marché des complémentaires santé continue d'être en augmentation, mais marque un ralentissement.

Hors taxes et hors contribution, le chiffre d'affaires des complémentaires a en effet enregistré une progression de 3% en 2011, rapportent Les Echos (page 26). En 2010, ce chiffre s'élevait à 4,2% et en 2009 à 5,8%.
Dans le détail, les évolutions s'élèvent à + 3,56% pour les institutions de prévoyance (IP), + 3,28% pour les mutuelles et + 2,7% pour les sociétés d'assurances.

"En temps de crise, il était difficile d'espérer mieux", observe François Chadelat, le directeur du Fonds CMU. D'autant, qu'après l'instauration de la taxe spéciale sur les conventions d'assurance (TSCA) de 3,5%, le 1er janvier 2011, les prévisions initiales étaient "plus basses", remarque le quotidien économique, qui rappelle que les assurés ont supporté en moyenne une hausse des tarifs de 6,6% l'an dernier.

Pour 2012, commentent Les Echos, le relèvement de la TSCA à 7% pourrait néanmoins avoir un impact plus lourd sur la croissance du chiffre d'affaires des différents organismes complémentaires.
Frédéric Lavignette