Radiographie des hôpitaux de Paris

Le projet de réorganisation des hôpitaux publics franciliens de l'AP-HP, qui prévoit un regroupement de 37 établissements en 12 gros hôpitaux, menace entre 3.000 et 4.000 emplois, suscitant un vif débat à un mois des élections régionales. Jean-Paul Huchon (PS), président du Conseil régional d'Ile-de-France, demande un "moratoire" sur les suppressions de postes à l'AP-HP. Chantal Jouanno, tête de liste UMP à Paris et secrétaire d'Etat à l'Ecologie, assure "qu'aucune décision de suppression de poste n'a été prise". Les restructurations envisagées d'ici 2012 par l'Assistance publique de Paris passent par une "multiplication de microprojets" de regroupements de services, a expliqué hier son directeur, Benoît Leclercq.

Loin d'être rassuré, le personnel soignant est "abattu par les restructurations annoncées", constate Libération (pages 12 et 13). Le Pr Noël Garabédian, chef de service et président de la commission médicale de l'hôpital Trousseau est en colère : "Cela n'a aucun sens. D'ordinaire, on restructure les hôpitaux qui ne marchent pas bien. Là, ce n'est pas le cas : plus de 23.000 consultations, plus de 2.500 opérations chirurgicales." "On nous dit : ”Vous irez à l'hôpital Robert-Debré !” Mais ils sont déjà débordés...", tempête le Pr Garabédian.

"Quand un service a peu d'activité, cela ne me choque pas que l'on supprime des postes médicaux. Le problème est de mettre le personnel là où il est le plus utile, pour continuer d'être cet en¬semble hospitalier unique en Europe", réplique, dans le même journal, Jean-Yves Fagon, directeur de la politique médicale à l'AP-HP.

Face aux restructurations programmées, les élus du Conseil de Paris ont adopté cette semaine des vœux contre le démantèlement de plusieurs hôpitaux, comme l'Hôtel-Dieu ou Bichat, et le maintien du niveau actuel d'emplois, indique Le Quotidien du médecin d'hier (page 4). La semaine dernière, Nicolas Sarkozy aurait déjeuné avec de grands médecins parisiens, selon Eric Favereau, journaliste de Libération. "Le président m'a dit qu'il s'occupait directement du sujet", indique pour sa part Jean-Marie Le Guen (PS), président du conseil d'administration de l'AP-HP.

"La situation est quand même franchement délicate", confie à Libération Claude Evin, nommé récemment directeur de l'ARS d'Ile-de-France. "En 2009, c'est près de 100 millions de déficit et en 2012, si on continue à ce rythme, on arrivera à près d'un milliard d'euros de déficits cumulés", s'inquiète l'ancien ministre de la Santé. Mercredi, au cours de sa visite à l'hôpital Necker, la ministre de la Santé a indiqué qu'"une décision concernant des restructurations de postes et de nouvelles suppressions de postes à l'AP-HP pourrait être prise en juin ou juillet, mais encore rien n'est bouclé".

Jeux interdits sur Internet
Les députés ont adopté hier un texte qui modifie le Code pénal pour sanctionner les sites Internet qui diffusent des images incitant les enfants à des jeux parfois mortels, comme celui du foulard, de "la tomate" ou du "petit pont massacreur". Le délit sera puni de trois ans d'emprisonnement et de 75.000€ d'amende.

Le Parisien/Aujourd'hui, consacre sa "une" à cette information et publie (page 3) le témoignage de Sophie, 11 ans, qui a failli mourir l'an dernier en participant au jeu de "la tomate", qui consiste à retenir sa respiration le plus longtemps possible. "Je suis très favorable à cette loi. Sur les dix-sept décès, dont nous avons eu connaissance l'an dernier, trois étaient directement liés à des sites Internet", confirme, dans Le Parisien, Françoise Cochet, présidente de l'Association des parents d'enfants accidentés par strangulation. "C'est un véritable fléau, qui touche l'école, la sphère familiale et les groupes de jeunes", estime pour sa part Philippe Goujon, l'un des deux députés de la majorité à l'origine du texte voté à l'Assemblée.

John Sutton