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Prudence avec les nouveaux anticoagulants

Croissance exponentielle des prescriptions correspondant parfois à des indications non validées, voire dangereuses… les dernières données concernant les nouveaux anticoagulants oraux (Naco) préoccupent les autorités sanitaires, rapporte Le Monde (page 8).

"L’évaluation de la balance bénéfice-risque est un problème pour les personnes âgées car elles sont plus fragiles et plus à risque de thrombose", explique, dans Le Figaro (page 9), le Dr Evelyne Falip, directrice de la surveillance à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). "Mais elles encourent plus de risques de saignement lorsqu’on les traite", poursuit-elle Les anticoagulants sont indispensables pour traiter phlébites et embolies pulmonaires et prévenir les accidents vasculaires cérébraux (AVC) en cas de fibrillation auriculaire, un trouble du rythme cardiaque.

En 2008, l’arrivée des nouveaux anticoagulants, plus ciblés et qui ont l’avantage de ne pas nécessiter de contrôle de routine – contrairement à la classe précédente de médicaments (AVK) –, a été accueillie avec enthousiasme, rappelle Le Monde. Mais ces nouvelles molécules, surveillées étroitement par l’ANSM, la Haute Autorité de santé (HAS) et la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), font l’objet de débats sur leur intérêt thérapeutique, par rapport aux AVK, ce d’autant plus que leur coût est cinq fois plus élevé.

La tension est montée d’un cran en octobre avec les dépôts de plaintes contre le laboratoire Boehringer Ingelheim (fabricant du Pradaxa®) et l’ANSM, à la suite de quatre décès, souligne Le Monde. "A ce jour, nous avons déposé huit plaintes, une douzaine sont sur mon bureau", précise Me Philippe Courtois, l’avocat des victimes. La Cnam confirme la croissance rapide des prescriptions de Naco. "Au 3e trimestre 2013, il y avait 1 013 900 patients traités par AVK en France et 265 400 par Naco", explique, dans Le Figaro, le Dr Pierre Fender, médecin-conseil national de la Cnam.

Le bilan de pharmacovigilance de l’ANSM fait état d’un total de 3 000 effets indésirables graves et de 302 décès sous Naco. "Notre objectif est d’optimiser les prescriptions en attirant une nouvelle fois l’attention des médecins sur les situations à risque : âge supérieur à 75 ans, insuffisance rénale, coprescription de certains médicaments", indique, dans Le Monde, Dominique Maraninchi, directeur général de l’ANSM.

AVC en augmentation chez les moins de 55 ans
Une étude réalisée à Dijon (Côte-d’Or) révèle la progression des accidents vasculaires cérébraux (AVC) chez les adultes, rapporte Le Figaro (page 9). Dans cette région urbaine de 150 00 habitants, les cas d’AVC ont doublé chez les moins de 55 ans, alors que ces accidents surviennent en moyenne à l’âge de 75 ans.

Cette progression est jugée inquiétante par le Dr Yannick Béjot, neurologue au CHU de Dijon, auteur de l’enquête parue en novembre dans le Journal of Neurology, Neurosurgery and Psychiatry. "Au vu d’études internationales sur le même sujet, notamment aux Etats-Unis, nous nous attendions à une tendance à la hausse, mais pas forcément aussi nette", explique-t-il au Figaro.

L’AVC est la première cause de handicap acquis chez l’adulte et la deuxième cause de démence derrière la maladie d’Alzheimer. La première raison de l’augmentation des AVC chez les jeunes serait le tabagisme. "Il n’a pas baissé chez les hommes jeunes et a même augmenté chez les femmes", souligne le Dr Béjot. La cigarette multiplie en effet par 2 à 4 le risque d’AVC. Egalement pointés du doigt : l’obésité, le diabète, et, dans une moindre mesure, la consommation de cannabis.

John Sutton