croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Prothèses auditives trop chères

Le Parisien/Aujourd’hui dénonce en "une", "le scandale des prothèses auditives", dont le prix peut atteindre jusqu’à 3.000 euros, alors que leur fabrication en Chine revient à environ 50 euros. Sur les 6 millions de Français malentendants, la moitié d’entre eux seulement sont équipés d’un appareil auditif. "Ça ne peut plus continuer comme ça", dénonce, dans le quotidien (page 2), le Pr Christian Dubreuil, ORL aux Hospices civils de Lyon. "Sur dix patients que je reçois en consultation et pour qui c’est une vraie nécessité de s’équiper, trois au maximum prennent rendez-vous avec un audioprothésiste. A chaque fois, c’est le prix qui dissuade les patients. Beaucoup renoncent à en porter."

"Ce sous-équipement est dramatique, poursuit-il. Tous les experts expliquent que les troubles de l’audition accélèrent la sénilité. Une récente étude, baptisée Acoudem et réalisée par des médecins spécialistes, a même prouvé que l’équipement en prothèses auditives était un facteur ralentissant l’apparition de la maladie d’Alzheimer !"

Selon les chiffres du Pari­sien/Aujourd’hui (page 2), la Sécurité sociale ne rembourse que 119 euros par prothèse et les complémentaires santé 350 euros environ. Le reste à charge serait de plus de 1.000 euros par oreille. Pourtant, le prix de vente pourrait être bien moindre, car, explique le journal, "il existe un fossé phénoménal entre les coûts de fabrication en Chine et les prix de vente en France. Près de 60 fois le prix entre les deux !"

Un rapport de la Cour des comptes, publié en septembre, a dénoncé "des prix opaques et une concurrence limitée entre les principaux producteurs". Les fabricants, mais surtout les audioprothésistes, sont actuellement dans le collimateur des magistrats et de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). "Quant aux mu­tuelles, leur présence reste très modeste" sur le marché de l’audioprothèse, ob­serve Le Parisien/Aujourd’hui (page 3).

Pour Luis Godinho, président de l’Unsaf, un des principaux syndicats d’audioprothésistes, le rapport de la Cour des comptes est "inexact et injuste". "Le prix comprend le suivi des clients sur cinq ans pour adapter en permanence l’appareil", se défend-il. Il appelle à une négociation avec tous les acteurs. "Nous sommes d’accord pour un prix fixe entre 800 et 1.500 euros par appareil, ce qui permettrait aux mutuelles de mieux prendre en charge le remboursement", propose Luis Godinho.

 

Médicaments : menace de pénurie
Les difficultés d’approvisionnement se multiplient dans les pharmacies, notamment à cause de la mondialisation de la fabrication, constate Le Figaro (page 11). En effet, aujourd’hui, entre 60% et 80% des principes actifs sont fabriqués en Inde ou en Chine, avec souvent deux lieux de production pour le monde entier ! Au moindre incident, les usines ne sont plus fournies en matière première.

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) dénombre 45 spécialités en rupture de stock. Selon les pharmaciens, ce chiffre est largement sous-estimé. "Sur le mois de septembre, nous avons comptabilisé 539 médicaments manquants", révèle au Figaro Isabelle Adenot, présidente de l’Ordre des pharmaciens, après une enquête menée dans 200 officines. La plupart de ces spécialités peuvent être remplacées par une autre marque ou un générique, mais cela devient un casse-tête pour les pharmaciens et les patients, désorientés par ces substitutions. Selon l’ANSM, les médicaments les plus concernés par la rupture d’approvisionnement concernent le système nerveux (1%), les anti-infectieux (17%) et les anticancéreux (11%).

Ces difficultés d’approvisionnement touchent également les hôpitaux, avec des conséquences autrement plus graves, souligne Le Figaro. Les spécialistes se déclarent inquiets et s’attendent à faire face, à plus ou moins longue échéance, à un véritable problème de santé publique.

John Sutton