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Prothèses PIP : les victimes ont la parole

Interrogé hier sur France Inter, le ministre de la Santé a estimé que les contrôles sur les dispositifs médicaux doivent intervenir "sans prévenir, dans les lieux d'implantation ou les cabinets, de façon à être sûr que ce qui va être implanté bénéficie du même contrôle" qu'à l'usine. "Il faudra aussi qu'il y ait plus de contrôleurs. Ils ne sont même pas une dizaine aujourd'hui sur les dispositifs médicaux", a déploré Xavier Bertrand, qui prône également un meilleur suivi des patients.

Toujours suite au scandale des prothèses mammaires PIP, le Conseil national de l'Ordre des médecins recommande à tous les médecins amenés à pratiquer des explantations "de bien vouloir pratiquer des honoraires en rapport avec les tarifs de l'assurance maladie, et cela compte tenu du caractère exceptionnel" de la situation et ce quelle que soit la cause de la mise en place : reconstruction après cancer ou esthétique.

Le Figaro (page 2) donne un visage et la parole à plusieurs victimes de ces prothèses défectueuses, "meurtries dans leur intimité", parmi les 30.000 Françaises concernées. Carole Gutmann confie qu'on lui a posé des prothèses après un cancer et dont un IRM a diagnostiqué la rupture complète en novembre 2010. Le gel de silicone s'était répandu partout. Le chirurgien l'avait pourtant rassurée sur la marque PIP : "Vous verrez, Madame, c'est très bien. C'est français." On a dû tout changer en urgence et, aujourd'hui Carole Gutmann ne sait pas très bien ce qui les a remplacées. "Je crois que c'est américain", hasarde-t-elle en fouillant dans son sac pour vérifier la fiche de ses prothèses. "Mais on n'est jamais à l'abri d'une autre escroquerie", ajoute-t-elle.

Evoquant l'ancien PDG de PIP, Jean-Claude Mas, elle trouve "dégueulasse" qu'un apprenti sorcier puisse ainsi jouer avec la santé des femmes, alors que des cancérologues "se battent pour sauver des vies et n'ont pas de temps à perdre à changer des prothèses par milliers".

Les défis qui attendent la petite enfance
Le Centre d'analyse stratégique (CAS), organe d'expertise des services du Premier ministre, fera connaître aujourd'hui ses propositions pour améliorer l'offre d'accueil des jeunes enfants, notoirement insuffisante.

Le CAS salue néanmoins les progrès accomplis ces dernières années : "En 2008, 43% des enfants de moins de trois ans fréquentaient en France un service d'accueil à temps plein, la moyenne étant d'environ 30% dans les autres pays de l'OCDE", rapporte le quotidien La Croix (page 8). La France se place juste der­rière les pays exemplaires dans ce domaine, comme la Suède, la Norvège et la Finlande, en consacrant 0,4% de son PIB aux dépenses liées à l'accueil des 0-3 ans, note Le Figaro (page 9). Les experts soulignent également que "sept plans de crèches ont été mis en place depuis 2000" et que la branche famille de la Sécurité sociale va consacrer cette année 2,7 milliards d'euros à l'accueil collectif, "soit 800 millions de plus qu'en 2008".

Le Centre d'analyse stratégique ne sous-estime pas pour autant l'insuffisance de l'offre face aux besoins grandissants, dans un contexte de tension budgétaire. Alors que les besoins sont estimés entre 300.000 et 500.000 places supplémentaires, "le compte n'y est pas", calcule La Croix. Un constat inquiétant alors que les assistantes maternelles vont partir à la re­traite massivement, d'ici à 2015.

Le CAS évoque ce "risque de pénurie de personnel préoccupant" et propose une professionnalisation du métier visant notamment à le rendre plus attractif. Il préconise également d'encourager "la dynamique" de l'offre privée à but lucratif, tout en proposant de "plafonner les tarifs facturés" des microcrèches. Pour Alain Feretti, responsable de la petite enfance à l'Union nationale des associations familiales (Unaf), il faut à tout prix "éviter la sélection par l'argent".
John Sutton