Prothèses PIP : les dispositifs médicaux bientôt sous contrôle ?

La deuxième réunion du Comité de suivi des femmes porteuses de prothèses PIP, qui s’est tenue hier soir au ministère de la Santé, a été l’occasion de faire un point sur cette nouvelle affaire sanitaire.

A l’issue de cette rencontre, le directeur général de la Santé, Jean-Yves Grall, a dressé un bilan de la situation, rapportent Les Echos (page 4) : à l’heure actuelle, 1.143 ruptures de prothèses défectueuses PIP et 495 réactions inflammatoires ont entraîné l’explantation. Par ailleurs, ajoute Libération (page 16), "672 explantations ont été pratiquées sur des porteuses sans manifestations cliniques notoires". Dans ce cas, le retrait des prothèses a été décidé à titre préventif.

Pour sa part, le ministre de la Santé a annoncé vouloir "faire le ménage" dans les procédures de mise sur le marché et de contrôle des dispositifs médicaux tels que les implants, les seringues, défibrillateurs cardiaques ou autres fauteuils roulants. Pour cela, Xavier Bertrand entend demander à l’Afssaps de revoir les modalités et l’organisation de ses contrôles. Dans l’immédiat, indiquent Les Echos, un rapport administratif français va établir, d’ici à la fin janvier, "les défaillances quant au suivi des prothèses".

Au niveau européen, le ministre as­pire également à un changement de la réglementation, "parce qu’à la différence des médicaments, où il y a une autorisation de mise sur le marché (AMM), il n’y en a pas aujourd’hui pour les dispositifs médicaux". La Mutualité Française réclame de longue date la mise en place d’une AMM sur ces dispositifs, rappelle-t-on. Des propositions allant dans ce sens sont justement à l’étude à la Commission européenne, rapporte le quotidien. Une nouvelle réglementation permettrait en effet de renforcer la traçabilité et l’échange d’informations entre les Etats à propos de ces produits.

Education : Sarkozy détaille sa future réforme
Double objectif, hier, pour Nicolas Sarkozy en déplacement dans le Poitou : présenter ses vœux aux enseignants, puis leur présenter les grandes lignes de sa réforme de l’éducation. C’est la première fois qu’il en pré­cise le contenu, observe Le Parisien/Au­jourd’hui (page 4). En tout cas, c’est celle "qu’il entreprendrait s’il était réélu".

Le projet du président de la République, dont on ne sait encore s’il sera candidat à sa succession, devrait "faire hurler les syndicats du secteur", note le quotidien. En effet, poursuit Le Figaro (page 8), certaines de ses idées "peuvent déclencher de fortes allergies dans le monde éducatif".

Le premier des six piliers de son projet de réforme vise à développer l’"autonomie des établissements, une approche qui permettrait aux chefs d’établissements de recruter leurs enseignants selon leurs profils". Pour Nicolas Sarkozy, cette autonomie induit la constitution d’équipes de professeurs "soudées autour du chef d’établissement", rapportent Les Echos (page 3).

Les enseignants auraient par ailleurs de nouvelles missions qui leur permettraient de "revaloriser" leur fonction et de travailler différemment. Pour cela, indique Le Parisien/Aujourd’hui, le président propose de revoir leur statut "toujours défini par un décret de 1950", lequel se contente de fixer leur nombre d’heures de cours.

Il compte également mettre un terme au collège unique, ou en tout cas en corriger "les faiblesses", rapportent Les Echos. Sa réforme limitera ainsi "la rupture entre le premier degré et les classes de 6e et 5e et, d’autre part, avec des 4e et 3e qui préparent la voie professionnelle".

Une autre mesure rendrait obligatoire la formation en alternance en dernière année de baccalauréat professionnel, ainsi qu’en CAP. De fait, le nombre de contrats d’alternance avec les entreprises devrait être augmenté de 200.000 par an.

Enfin, promet Nicolas Sarkozy, en contrepartie de leur nouvelle mission, les enseignants verront leurs salaires revalorisés. Pour autant, les moyens humains alloués à l’enseignement ne seront pas augmentés. Selon lui, il est en effet possible de "faire mieux avec les mêmes moyens", rapportent Les Echos. Dès lors, aucune création de poste n’est envisagée, contrairement à ce que propose François Hollande dans son programme (60.000 nouveaux postes). Pour le Pré­sident de la République, compte tenu de la situation budgétaire, une telle proposition est "irresponsable".

Les raisons de la hausse des mutuelles
Le mensuel Enjeux Les échos consacre, dans son édition de janvier, un article sur la hausse du tarif des mutuelles (pages 50 et 51). Depuis 2008, écrit ce magazine, citant la Mutualité Française, "le produit de la taxation a bondi de 720 millions d’euros à 4,3 milliards et son taux de 2,5% à 13,27%". Pour sa part, le doublement de la taxe sur les contrats solidaires et responsables a un impact de 3,2% sur le chiffre d’affaires, explique le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard.

A ces charges, il convient d’ajouter l’augmentation des dépenses de santé qui "devrait représenter entre 1,4 et 1,8% du chiffre d’affaires". Au total, conclut le président de la Mutualité Française, "la hausse mécanique des coûts devrait se situer entre 4,7% et 5% cette année. Chaque mutuelle calculera ses augmentations suivant sa situation".

Dans La Voix du Nord (pages 38 et 39), Etienne Caniard pointe les conséquences de ces augmentations. Si les démutualisations sont encore "marginales", indique-t-il, "nous voyons apparaître des offres limitées aux seules garanties hospitalières". Ainsi, "les personnes acceptent d’être moins couvertes pour les frais courants". Ce phénomène "risque de s’accentuer", craint Etienne Caniard.
Jean-Michel Molins et Frédéric Lavignette