Projet de loi de finances : austérité budgétaire en 2012

Le projet de loi de finances (PLF) pour 2012 a été entériné, hier, par le Conseil des ministres. Présenté par la ministre du Budget, Valérie Pécresse et son homologue à l’Economie, François Baroin, ce budget ”s’inscrit dans la continuité de la stratégie de restauration de nos finances publiques”, rapporte Le Figaro (pages 20 et 21). En d’autres termes, traduit Libération (pages 16 et 17), il s’agit d’un budget ”d’austérité, le plus dur du quinquennat ”.

A sept mois de la présidentielle, l’intention affichée par l’exécutif est de réduire le déficit public en le ramenant à 4,5% du PIB l’an prochain, contre 5,7% cette année. Le chef de l’Etat semble persuadé d’y parvenir puisqu’il déclare dans Les Echos (pages 2 à 10) que ”’objectif sera tenu à l’euro près”.

Pour atteindre ce but, la feuille de route du gouvernement conjugue à la fois la hausse des prélèvements et la maîtrise des dépenses, indique La Croix (pages 2 et 3). ”L’idée est de rassurer les marchés pour protéger la note AAA de la France”, explique le quotidien, tout en ménageant les consommateurs, ”moteurs de la croissance, mais aussi électeurs”.

Sur les 366 milliards d’euros de ce budget 2012, 48,77 milliards seront consacrés au paiement de la dette. Désormais, indique Le Parisien/Aujourd’hui (page 8), le remboursement des intérêts d’emprunt constitue le deuxième poste de dépenses de l’Etat, derrière l’enseignement scolaire (62,34 milliards d’euros) et devant la Défense (40,2 milliards).

L’année 2012 sera donc marquée par une baisse d’1 milliard d’euros des dépenses de l’Etat. Dès lors, prévient La Tribune (pages 2 à 6), le déficit budgétaire de l’année prochaine devrait at­teindre les 81,7 milliards d’euros, contre 97,5 milliards cette année.

Au programme des économies envisagées par l’Etat, figure les suppressions de postes de fonctionnaires. Selon Le Monde (pages 8 et 9), l’Education nationale, l’Intérieur et la Défense seront les ministères les plus touchés : 30.258 postes seront supprimés. Ainsi, note le journal, ”l’Education nationale, qui a déjà perdu 52.000 agents depuis 2007, va voir ses effectifs diminuer de 14.000 postes”.

Au niveau des recettes, le taux de prélèvements obligatoires devrait atteindre 44,5 % du PIB et avoisiner les 11,2 milliards d’euros. « Sans surprise, poursuit Libération, le projet de loi de finances reprend la vingtaine de mesures supplémentaires annoncées en août par le Premier ministre ». Toutefois, observe le quotidien, rien ne garantit que ce budget soit accepté. Des résistances sont en effet à attendre au Sénat, où la gauche est désormais majoritaire…

Cancer du sein : encourager le dépistage
C’est dans deux jours que la nouvelle édition de l’opération ”Octobre rose” sera lancée. Objectif : encourager le dépistage du cancer du sein. Tous les deux ans, rappelle Libération (page 13), les femmes âgées de 50 à 74 ans sont invitées à bénéficier de ce programme préventif pris en charge à 100% par la Sécurité sociale. L’an passé, 2.360.000 femmes ont ainsi passé un test de dépistage, soit 52% de la population ciblée par la campagne.
A ce pourcentage, il convient d’ajouter les 10 % de femmes qui se sont fait dépister individuellement par le biais de leur médecin ou de leur gynécologue. ”Au final, observe Libération, il ne reste qu’une femme sur trois de plus de 50 ans qui passe à travers. Ce qui n’est pas si mal.”

Il existe toutefois des disparités régionales. La Haute-Vienne, le Cher, le Lot-et-Garonne, les Landes et le Maine-et-Loire participent à 70% aux campagnes de dépistage. La Guyane, la Corse, la région Paca ou encore l’Ile-de-France avoisinent en revanche les 45 %, quand Paris atteint à peine les 27%. Selon l’Institut national du cancer (Inca), la peur du cancer et la confusion entre dépistage et diagnostic expliquent les réticences.
Frédéric Lavignette