Projet de loi HPST : fronde des médecins hospitaliers

Même si pour l'heure "il est difficile d'apprécier l'ampleur exacte de la mobilisation", un vent de fronde est bel et bien en train de souffler chez les médecins. Une des dispositions du projet de loi "Hôpital, patients, santé, territoires", voté en mars à l'Assemblée nationale et examiné à partir du 11 mai au Sénat, est à l'origine de ce "mouvement de protestation essentiellement mené par des chefs de service parisiens", note La Croix (page 9).

Cette disposition prévoit de renforcer les pouvoirs du directeur de l'établissement. Conformément au désir du président de la République, elle vise à donner "à l'hôpital un patron et un seul". Rassemblés au sein d'une coordination médicale hospitalière, les médecins se sont unis pour marquer leur désapprobation. "Au cours de ces dernières années, on avait réussi à instaurer de vrais binômes dans les hôpitaux pour faire travailler ensemble les administratifs et les médecins. C'est cet équilibre qui risque d'être fragilisé avec cette volonté d'y installer des super-PDG", déplore le Dr François Aubart, président de cette coordination,

Au ministère de la Santé, cette "vision caricaturale qu'on donne d'un hôpital-champ de bataille avec, d'un côté, les mauvais directeurs et, de l'autre, les gentils médecins qui, seuls, savent ce qui est bon pour les patients" agace fortement, rapporte La Croix.

En écho, Claude Evin, président de la Fédération hospitalière de France (FHF) et ancien ministre socialiste de la Santé, juge "absurde de penser qu'un directeur irait prendre des décisions médicales qui ne seraient pas approuvées par les praticiens de son établissement. On ne peut pas diriger un hôpital contre ses médecins".

D'ores et déjà, les présidents des commissions médicales d'établissements (CME) des hôpitaux menacent de démissionner, si le texte devait rester en l'état. Mais le Sénat semble sensible "à la grogne des médecins", comme titre La Tribune (page 4). Le sénateur Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre, plaide "pour un retour des médecins dans la gouvernance" de l'hôpital.

Médicaments : baisse des prix insignifiante
Le tsunami tarifaire n'a pas eu lieu. C'est en tout cas ce qui apparaît neuf mois après la mise en accès libre dans les pharmacies de certains médicaments non remboursés. L'objectif de cette disposition était de "faire jouer la concurrence pour alléger la note", rappelle Le Parisien/Aujourd'hui (page 6).

Selon l'Afipa, un regroupement de laboratoires pharmaceutiques, "les prix de vente aux patients ont diminué de 2 à 3% sur ces produits l'année dernière". De surcroît, toutes les officines ne procèdent pas aux mêmes réductions de prix, si légères soient-elles. Il arrive parfois que certains médicaments à efficacité identique soient moins chers derrière le comptoir...

Greffe des mains et du visage
Dans la nuit de samedi à dimanche, le Pr Laurent Lantieri de l'hôpital Henri-Mondor de Créteil a réalisé une double greffe avec son équipe et une autre de l'hôpital Saint-Antoine (Paris). Il a en effet réalisé la greffe de deux mains et d'un visage sur un homme de 30 ans, très grièvement brûlé à la suite d'un accident en 2004. Cette opération longue de trente heures, explique Libération (page 13), "ne pose pas de problèmes insurmontables". Elle a nécessité seulement "une organisation inimaginable" qui a mobilisé 40 personnes.

Frédéric Lavignette