Prise en charge de la dépendance : le choix de la solidarité

La Mutualité Française organise cet après-midi, à Lyon, une conférence-débat sur le thème : "Dépendance : choisissons la solidarité !" A cette occasion, le quotidien régional Le Progrès (page 2) publie ce matin une interview d'Etienne Caniard. Quelles solutions de financement la Mutualité préconise-t-elle ?, interroge la journaliste Gisèle Lombard. "Il faut (...) des solutions qui soient solidaires, car tout le monde est concerné, estime le président. Selon le sondage réalisé par LH2 pour la Mutualité, 51% des personnes interrogées seraient favorables à une “contribution dépendance” prélevée sur les successions. Cette taxe sur la transmission des patrimoines pourrait ainsi servir à tous."

L'alignement du taux de CSG des retraités sur celui des actifs, en supprimant l'abattement de 10%, est quant à lui approuvé par 41% des personnes interrogées. "Là encore, ce serait une action solidaire et intergénérationnelle", souligne le président de la Mutualité Française. En revanche, il rejette une autre piste : celle qui consisterait à "supprimer un second jour férié, comme cela a déjà été fait pour financer la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie". Etienne Caniard rappelle que cette dernière solution n'est approuvée que par 42% des personnes interrogées. "Enfin, ajoute-t-il, rendre obligatoire une assurance dépendance pour les plus de cinquante ans recueille peu de suffrages."

La Mutualité entend avant tout mettre l'accent sur la prévention de la dépendance, "en permettant par exemple aux personnes âgées d'aménager leur appartement ou leur salle de bain, pour éviter les chutes", qui marquent souvent "le début de la dépendance". Pour conclure, Etienne Caniard "souhaite que les solutions (pour le financement de la dépendance reposent sur un socle public, complété si besoin par une articulation avec des acteurs privés comme les mutuelles".

Des parabènes dans 400 médicaments
Environ 400 spécialités pharmaceutiques, du dentifrice au médicament utilisé en chimiothérapie anticancéreuse, contiennent des parabènes, conservateurs soupçonnés de perturber le système hormonal, révèle Le Monde (page 9). Les députés ont adopté le 3 mai, à la surprise générale et contre l'avis du gouvernement, la proposition de loi de Yann Lachaud, député du Nouveau Centre, interdisant l'utilisation des parabènes, des phtalates et des alkylphénols, trois catégories de perturbateurs endocriniens. Le vote à l'Assemblée pourrait cependant être remis en cause par le gouvernement, qui peut décider de ne pas l'inscrire à l'ordre du jour du Sénat.

Le Monde publie sur son site Internet (lemonde.fr) la liste des 400 produits pharmaceutiques contenant des parabènes. On y trouve des cosmétiques pour bébés, des crèmes comme la Biafine®, de nombreux sirops contre la toux (Clarix®, Codotussyl®, Drill®, Hexapneumine®, Humex®, Pectosan®, Rhinatiol®), des pansements gastriques (Maalox®, Gaviscon®), des antibiotiques (Josacine®, Zinnat®), des médicaments contre la douleur et la fièvre (génériques de l'ibuprofène et du paracétamol), etc. L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) mène actuellement, avec le concours des laboratoires concernés, une étude de toxicologie sur ces 400 spécialités. Les résultats devraient être publiés en novembre. Les auteurs de cette étude évoquent l'hypothèse d'un effet favorisant le développement de cancers par le biais de l'action proche des oestrogènes qu'exercent les parabènes, décrite depuis 1998.

Par ailleurs, "l'affaire liée au Mediator® peut se reproduire", met en garde le député socialiste Gérard Bapt, inquiet du traitement en cours à l'Afssaps du dossier d'un autre antidiabétique, l'Actos®, soupçonné de favoriser la survenue de cancers de la vessie. Dans une tribune publiée dans Le Monde (page 19), le président de la mission parlementaire sur le Mediator® insiste sur la nécessité de rétablir la confiance des Français dans leur système de pharmacovigilance. Il se réfère au "récent sondage, commandé par la Mutualité", qui montre que "77% de nos compatriotes pensent qu'il peut exister d'autres cas de Mediator®".
John Sutton