Prévention : définir une politique nationale et globale

Le député UMP du Pas-de-Calais, André Flajolet, a remis hier à la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, un rapport intitulé : "Disparités territoriales des politiques de prévention sanitaire", indique Le Figaro (page 19). Dans ce document de 180 pages, commandé par Matignon au mois d’octobre, ce parlementaire recommande de définir une "politique nationale" et "globale" de prévention. Elle devrait notamment s’appuyer sur l’accès aux soins, le sport, l’éducation et l’alimentation.

Sur ce dernier point, "Roselyne Bachelot entend régler le dossier de la publicité alimentaire ciblant les enfants" d’ici au mois de juin. En effet, comme le rapporte également Le Figaro (page 26), la ministre envisage "au niveau législatif, un encadrement drastique des écrans publicitaires destinés aux enfants à la télévision". Objectif : lutter contre l’obésité infantile.

Le plus difficile, semble-t-il, est de mettre d’accord les annonceurs car tous "ne sont pas logés à la même enseigne". D’un côté, se situent les industriels dont les produits sont "unanimement montrés du doigt, comme la confiserie". De l’autre, ceux dont la respectabilité est plus admise car ils diffusent des produits laitiers. Le premier camp plaide pour un retrait total des écrans publicitaires. Le second, au contraire, est favorable à leur autorisation en raison des qualités nutritionnelles de certains des produits.

La deuxième recommandation de la mission Flajolet vise à "favoriser un accès à la santé, naturel de proximité et permanent". L’idée consiste à "recréer l’accès aux soins dans les zones déficitaires autour d’un projet de santé, commun aux élus et aux acteurs sociaux, sanitaires et médico-sociaux". Le maillage de ces "communautés de santé" serait à déterminer en fonction des besoins de santé des populations, explique Le Figaro.

Enfin, André Flajolet suggère de "concentrer les moyens sur les territoires en déficit de santé par discrimination positive". De cette façon, les dépenses de santé pourraient être orientées "vers les régions ou territoires caractérisés par les besoins sanitaires les plus prégnants".

Les conclusions de cette mission, associées à celles des Etats généraux de l’organisation de la santé (Egos) et à celles du rapport Larcher sur l’hôpital, doivent servir à l’élaboration d’un projet de loi intitulé "patients, santé et territoires" prévu pour l’automne 2008.

"Hôpital 2012" : inquiétudes
En présentant le plan "hôpital 2012", en février 2007, l’ancien ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a mis le monde des éditeurs de logiciels en effervescence. Aujourd’hui, soulignent Les Echos (page 26), ces éditeurs se montrent "très inquiets" par la tournure prise par ce chantier. Selon ce quotidien, dès l’annonce de ce plan qui prévoyait 1,5 milliard d’euros d’investissements dans les systèmes d’information, "les établissements de soins ont multiplié les projets informatiques".

Pour être validés par l’Etat, ces projets "doivent être sélectionnés par les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), avant d’être transmis à une instance nationale chargée de donner le feu vert final", poursuivent Les Echos. C’est là le problème car nul ne sait quelle instance est habilitée à donner cette autorisation. Est-ce la direction de l’hospitalisation et de l’organisation des soins ? La Mission nationale d’appui à l’investissement hospitalier ou la Mission informatisation du système de santé ? "Les industriels sont dans le brouillard...", relève le quotidien.

"L’échec du dossier médical personnel (DMP) et l’annulation de l’appel d'offres de l’AP-HP avaient déjà terni la réputation du marché de la santé. Le plan "hôpital 2012" n’est pas près de changer la donne", concluent Les Echos.

Frédéric Lavignette