Présidentielle : les propositions chiffrées de François Hollande

La plupart des quotidiens nationaux consacrent leur titre de "une" au programme dévoilé hier par le candidat socialiste et à son financement. "De gauche", proclame Libération, en indiquant que "le projet de François Hollande assume clairement une ligne sociale-démocrate". "Hollande : la hausse des impôts pour programme", critique Le Figaro. "Hollande en impose", iro­nise La Tribune, qui voit dans ses propositions "une petite révolution fiscale".

Le candidat socialiste à l'Elysée s'est appliqué à asseoir sa crédibilité, en affirmant que toutes les mesures de son programme seraient "intégralement financées", grâce notamment à une profonde réforme de la fiscalité, et seraient "appliquées dans le quinquennat".

"Je ne promets que ce que je suis capable de tenir : pas moins, pas plus. Tout ce qui est dit sera fait", a-t-il as­suré. "François Hollande avait promis un programme chiffré et détaillé. Il l'a fait hier, peut-être même au-delà de ce que beaucoup attendaient", commentent Les Echos (page 1). "Ce sont les entreprises et les ménages aisés qui devraient supporter l'essentiel de la facture", estime La Tribune (page 2), qui observe qu'aucune hausse de la TVA ou de la CSG n'est envisagée. La suppression de certaines niches fiscales devrait rapporter 29 milliards d'euros, dont 17 milliards environ qui bénéficiaient aux seules entreprises.

En matière de santé, le candidat socialiste a été peu disert. Il a promis "une réforme de la tarification pour mettre fin à l'assimilation de l'hôpital avec les établissements privés", "l'encadrement des dépassements d'honoraires" et l'augmentation de "la part de rémunération forfaitaire des médecins généralistes", relève L'Humanité (page 3). "Pour lutter contre les déserts médicaux, des souhaits plutôt que des mesures", juge Libération (page 6). Le quotidien retient la proposition de François Hollande de mieux répartir les médecins par "la création de pôles de santé de proximité dans chaque territoire". Ajoutant : "Je fixerai un délai maximum d'une demi-heure pour accéder aux soins d'urgence." Parmi les mesures concernant la santé, Libération souligne le "vrai changement" que constituerait la légalisation de l'euthanasie "dans des conditions précises et strictes", a bien précisé le candidat.

Il n'a pas évoqué la dépendance ni l'amélioration du service public de la petite enfance, regrettent Les Echos (page 3).

Par ailleurs, la retraite à 60 ans sera rétablie pour les salariés qui ont commencé à travailler jeunes (avant 20 ans) et qui ont cotisé la durée nécessaire, rapportent Les Echos, qui évaluent le coût de cette mesure à 1 milliard d'euros la première année et à 5 milliards en 2017. Pour la financer, François Hollande a annoncé une augmentation des cotisations patronales et salariales de 0,1% par an. Il a promis d'engager "une négociation globale, dès l'été 2012, avec les partenaires sociaux, afin de définir l'âge légal de départ à la retraite, la prise en compte de la pénibilité, le montant des pensions et l'évolution des recettes indispensables à la pérennité du système", note L'Humanité (page 3).

Prothèses PIP : mise en examen
Jean-Claude Mas, fondateur de la société d'implants mammaires PIP, a été mis en examen hier à Marseille pour "blessures involontaires", annonce Le Parisien/Aujourd'hui (page 12). L'ancien PDG de PIP était introuvable depuis que le scandale sanitaire a éclaté. Il avait admis avoir utilisé pour ses prothèses un gel de silicone non homologué, car celui-ci "était moins cher (…) et de bien meilleure qualité", rappelle Le Monde (page 12).

Jean-Claude Mas n'aurait plus le droit de quitter le territoire et serait interdit d'exercer toute activité professionnelle dans le domaine du matériel à usage médical. "Cette décision est la bienvenue, elle aurait pu être prise plus tôt", a réagi Me Philippe Courtois, l'avocat de 1 400 victimes de prothèses défectueuses.

De son côté, Alexandra Blachère, présidente de l'association de défense des porteuses de prothèses PIP, s'est déclarée "soulagée", mais espérait que l'ancien PDG soit "placé en détention", ce qui n'est pas le cas, indique Libération (page 11). Elle sera entendue ce matin au palais de justice de Marseille, au nom des différentes victimes, afin de faire le point sur l'état d'avancement du dossier (Le Parisien). Plus de 2.500 plaintes ont été déposées à ce jour.
John Sutton