croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Présidentielle : la santé à la marge

Juste constat d’Alain Pérez dans son éditorial des Echos (page 14) : "Alors que l’accès aux soins et l’avenir du système de santé hexagonal font partie des préoccupations majeures des Français, ce thème n’apparaît que de façon marginale dans les discours des candidats à la présidentielle." Par ailleurs, relève l’éditorialiste, c’est "à peine" si François Hollande conteste la loi "Hôpital, pa­tients, santé, territoires" (HPST) votée par le gouvernement Fillon.

Certes, il en regrette la logique de type "hôpital entreprises", mais n’envisage pas son abrogation.
Dans un entretien qu’il accorde à L’Express (pages 42 à 47), le candidat socialiste évoque le financement de la protection sociale. François Hollande veut "diversifier" le système actuel qui re­pose trop "sur le seul travail". Pour cela, il compte faire appel "à d’autres prélèvements, notamment sur l’ensemble de la richesse produite et sur les émissions de CO²". En revanche, ajoute-t-il, il "annulera" le dispositif de TVA sociale mis en place par Nicolas Sarkozy parce qu’il va "amputer le pouvoir d’achat des mé­nages".

Tout ne sera pas néanmoins remis en cause. A la question de l’hebdomadaire : "Que ferez-vous des hausses d’impôts (TVA, taxe sur les mutuelles, etc.) décidées en août 2011 ?", François Hollande répond : "A ce stade, nous les gardons, sauf la hausse de la TVA sur les livres, laquelle repassera de 7% à 5,5%, et la non-indexation du barème de l’impôt sur le revenu, sur laquelle nous reviendrons en 2013. C’est ce qu’il y a de plus injuste."

De leur côté, Les Echos (page 2) détaillent le programme santé de Nicolas Sarkozy. Le candidat de l’UMP propose d’économiser 13 milliards d’euros entre 2013 et 2016 date à laquelle le déficit de l’assurance maladie serait, dans ce schéma, "ramené à zéro". Dans ce cadre, l’objectif de progression des dépenses serait fixé à 2,5% par an. Pour cela, ajoute le quotidien économique, Nicolas Sarkozy souhaite mettre à contribution tous les acteurs du système : assurés sociaux, professionnels de santé, industrie pharmaceutique.

Quel que soit le résultat des urnes, Alain Perez estime qu’il faudra "intervenir aux deux bouts de la chaîne pour rétablir l’équilibre" des comptes. Comprendre : "Réduire les prestations servies aux assurés et optimiser les dépenses des professionnels de santé." Avant d’ajouter : "La plupart des experts estiment qu’une organisation ration­nelle du parcours de soins permettrait d’économiser une douzaine de milliards par an."
Frédéric Lavignette