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Prescrire moins de médicaments aux enfants

Les médicaments ne sont pas toujours bons pour la santé des enfants, comme l'avait souligné le dernier congrès de la Société française de pédiatrie. Et certains professeurs, à l'instar d'Alain Chantepie, président de cette société savante, vont même jusqu'à recommander de "prescrire le moins possible de médicaments aux enfants, surtout avant 2 ans", rapporte Le Monde (page 20).

Cette tendance avait déjà été encouragée par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé en avril dernier. L'Afssaps avait en particulier pointé du doigt les mucolytiques et suggéré de ne pas les administrer aux nourrissons "car ils peuvent aggraver l'encombrement des bronches". Dans le même sens, beaucoup de professionnels de santé reconnaissent que les effets secondaires de ces médicaments contre la toux ont jusqu'alors été largement sous-estimés.

Selon le professeur Chantepie, "aucune étude ne permet d'affirmer que ces produits sont efficaces". Des mesures simples sont au contraire préconisées, comme le lavage du nez de l'enfant, l'hydratation, l'aération de la chambre et l'éviction du tabac.

Dans ce contexte de méfiance, quelques premières mesures voient le jour, note le quotidien. Ainsi, "des sirops contre la toux ”antihistaminiques H1 de première génération” ne seront plus donnés au nourrisson à partir de mars 2011, de même que le fenspiride (Pneumorel®)." Les suppositoires à base de camphre ou d'autres dérivés terpéniques seront quant à eux contre-indiqués.

Les traitements bronchiques ne sont pas les seuls à être mis en cause par le corps médical. Les médicaments contre le reflux gastro-oesophagien (RGO), dont un tiers des bébés sont atteints, le sont également. Pour le professeur Chantepie, "l'efficacité des prokinétiques, largement prescrits, n'est pas démontrée, les effets secondaires étant parfois plus néfastes que le RGO lui-même".

Les antibiotiques aussi ne doivent pas être prescrits de façon systématique. En cas d'angine par exemple, il est préférable de déterminer si l'infection est d'origine bactérienne ou bien d'origine virale ce qui représente près 60 à 75% des cas chez l'enfant. Dans ce dernier cas, il est inutile de recourir aux antibiotiques.

Convaincre les parents de ne pas administrer de médicaments quand leur enfant est malade n'est pas facile. La réponse médicamenteuse à la maladie est en effet "une question de mentalité", souligne Le Monde. Souvent, dans leur esprit, "un médecin qui prescrit des médicaments est considéré comme meilleur que celui qui n'en prescrit pas".

Pourtant, comme le soulignait l'OMS en 2009, "dans plus de 50% des cas, les médicaments délivrés aux enfants n'ont pas été mis au point spécifiquement pour eux". Pour moitié, ces produits sont élaborés pour des adultes. Or, indique la professeure Françoise Brion, pharmacienne à l'hôpital Robert-Debré, "l'enfant a besoin de médicaments adaptés, tant par leur forme galénique qu'en termes de dosage".

Depuis 2007, avec le règlement européen sur les médicaments à usage pédiatrique, la situation s'est toutefois quelque peu améliorée, observe le quotidien. "Désormais, les industriels doivent penser aux possibilités thérapeutiques pour l'enfant lorsqu'ils développent des médicaments pour adulte".

Néanmoins, les laboratoires ne sont pas tenus de développer une forme galénique pédiatrique lors d'une demande de nouvelle indication, ce que déplore la Pre Brion. Selon elle, il est important que les grandes firmes pharmaceutiques innovent sur ces formes de médicaments facilement ingérables par les enfants. Elle leur recommande également de "mieux choisir les excipients" et les aromatisants, et d'éviter les conservateurs, toxiques comme l'alcool.

Un vaccin pris en grippe par les Français
Sur les 12,5 millions de Français invités à aller se faire vacciner gratuitement contre la grippe saisonnière, seuls 5,5 millions se sont déplacés depuis le 24 septembre. Selon les dernières données de l'assu­rance maladie, que rapporte Le Figaro (page 9), cela représente 15% de personnes en moins que les années précédentes.

Désormais, note le quotidien, "un an après le fiasco de la campagne vaccinale contre le virus pandémique H1N1, la mission s'avère délicate pour les autorités sanitaires". Un sentiment que confirme d'ailleurs le Dr Jean-Marie Cohen, coordinateur national des groupes régionaux d'observation de la grippe (Grog). Pour lui en effet, "des idées fausses sur les vaccins antigrippaux se sont installées l'an dernier, et les messages ont maintenant du mal à passer".

Du côté des épidémiologistes de l'Institut de veille sanitaire (InVS), on encourage encore les Français à aller se faire vacciner, "tant que le pic épidémique n'est pas atteint", signale la Dre Isabelle Bonmarin. D'autant que cette année, trois types de virus "cocirculent" : le H1N1, le H3N2 et le B, lorsqu'une seule sorte de virus domine habituellement.

Pour l'heure, seul le seuil épidémique "vient d'être franchi", remarque le journal. Au 22 décembre, neuf cas graves avaient été recensés, principalement liés au virus H1N1, et deux décès ont été enregistrés. L'un est lié au virus H1N1, l'autre au H3N2. Selon le professeur Bruno Lina, directeur du centre référence sur les virus grippaux de la région Sud, "chaque année, entre 7.000 et 8.000 décès sont liés" au virus de la grippe en France.
Frédéric Lavignette