Première conférence de presse de François Hollande : une politique assumée

"Il y a un capitaine à la barre, qui ne tremble pas et sait où il va, malgré la tempête." Tel est en substance, selon Les Echos (pages 2 et 3), la teneur du message qu'a voulu faire passer hier, pendant deux heures et demie, le président de la République lors de sa première conférence de presse.

Après six mois d'exercice, François Hollande s'est en effet posé en chef d'Etat, "pleinement responsable", qui "ne fuit à aucun moment" et maintient le cap qu'il s'est fixé. D'annonce nou­velle, il n'en a pas été question, signale le quotidien. Le président de la République a juste laissé "entrevoir une réforme ambitieuse de l'Etat sans en dessiner les contours et assuré que la TVA dans la restauration serait fixée une fois pour toutes à 10% à compter de 2014".

Par ailleurs, François Hollande a assumé "le changement de pied sur la compétitivité et la hausse de la TVA jadis exclue". "C'est vrai, a-t-il reconnu, que j'avais contesté la TVA sociale", rapporte Libération (pages 2 à 7). Pour autant, le chef de l'Etat estime que sa mesure n'est en rien comparable avec celle de son prédécesseur. La version Sarkozy, écrit Le Parisien/Aujourd'hui (page 4), était quatre fois plus élevée que cette nouvelle version.

"Le président assume la rigueur et la réduction des déficits à marche forcée", poursuit Libération. A savoir, d'un côté 20 milliards de prélèvements nouveaux et de l'autre 10 milliards d'économies sur les dépenses du budget 2013. Tout cela est inévitable confie-t-il, surtout si l'on veut "remplir ses objectifs européens et faire face aux marchés".

Pour contrer les critiques suscitées par le fameux "pacte de compétitivité", François Hollande dément un "virage à droite". Le crédit d'impôt de 20 milliards d'euros pour les entreprises qui vise à abaisser le coût du travail de 6%, sera compensé par la hausse des TVA, explique Le Figaro (pages 2 à 4). Cependant, ce n'est pas pour autant un "cadeau" fait aux patrons. "C'est du donnant-donnant, il y aura des contreparties", prévient le chef de l'Etat. C'est même "un levier" censé "permettre de traverser la crise", rend compte Libération.

Et puisque la compétitivité exige du dialogue social, ajoute le journal, François Hollande appelle les partenaires sociaux à aboutir à un "compromis historique" lors des négociations sur la réforme du travail. Selon François Hollande, cette réforme peut garantir aux employeurs une certaine "souplesse" et aux salariés une plus large "sécurisation" de l'emploi. Sa seule priorité d'ici à la fin du quinquennat, c'est la baisse du chômage, a-t-il déclaré. C'est sur ce dossier que le chef de l'Etat veut être jugé.

Réseaux : les mutuelles attaquées
Accord sur les dépassements d'honoraires, réseaux de soins conventionnés, frais de gestion : sur l'ensemble de ces sujets, les mutuelles sont actuellement la cible de violentes attaques, portées par certains professionnels de santé. Invité hier de l'émission "Carrément Brunet" sur RMC, Etienne Caniard a pu apporter la contradiction à ces charges répétées. Les réseaux de soins, basés sur des conventions entre mutuelles et professionnels de santé, existent depuis longtemps, a par exemple fait valoir le président de la Mutualité Française.

"En 2010, une décision de justice a remis en cause le système existant. Nous demandons simplement à ce que cette possibilité, qui n'a jamais été contestée par personne, soit rétablie", a-t-il expliqué. "On essaye d'effrayer les Français en leur disant qu'ils n'auront plus le libre choix du professionnel de santé. Tout le monde a toujours eu le libre choix du professionnel de santé ! Simplement, nous passons un accord avec un opticien qui accepte de faire des efforts sur le prix ou sur la qualité", ajoute-t-il, insistant notamment sur la baisse du reste à charge pour l'adhérent qui achète ses lunettes chez un opticien conventionné.

Cette somme à la charge de l'adhérent est de 110 euros en moyenne contre 160 euros hors réseau de soins. Et ce, sans concession sur la qualité puisqu'il apparaît que "les verres importés sont moins nombreux dans ces réseaux que sur le reste du marché". Au final, plaide Etienne Caniard, "les opticiens s'y retrouvent, la qualité est améliorée et le reste à charge de l'adhérent est plus faible. Et vous voulez qu'on y mette fin ? Cela me paraît un mauvais calcul !".

Frédéric Lavignette et Sabine Dreyfus