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Premier bilan du plan Alzheimer : des avancées trop lentes

En visite hier au CHU de Bordeaux pour faire un premier bilan sur le plan Alzheimer lancé en 2008, le chef de l'Etat a promis une suite aux 44 mesures engagées afin de lutter contre cette maladie aujourd'hui incurable. Ce plan 2008-2012 sera suivi d'une seconde phase après 2012, a assuré Nicolas Sarkozy, pour qui "la lutte contre l'Alzheimer est quelque chose qui doit s'inscrire dans l'avenir jusqu'à ce que l'on trouve un médicament".

Pour le moment, rapportent Les Echos (page 4), entre 300 et 400 millions d'euros ont été dépensés par l'Etat sur le budget total du plan qui s'élève à 1,6 milliard. L'accueil des malades dans les établissements médicalisés représente près de la moitié des dépenses et 45.000 places supplémentaires sont prévues dans les maisons de retraites et les hôpitaux.

Autre gros poste de dépense, signalé par le quotidien économique : la création de "structures de répit". Le plan Alzheimer prévoit en effet un nouveau type d'accueil, qui permet de soulager pendant quelques heures ou quelques jours les familles des malades. Bien entendu, le renforcement du soutien à domicile et la mise en place de structures de coordination pèsent aussi lourd dans ce budget.

"Avec 200 millions d'euros engagés sur cinq ans, indique de son côté Le Figaro (page 11), la recherche clinique fondamentale est la pierre angulaire du plan." Dans cette maladie, explique le professeur Jean-François Dartigues, neurologue et directeur du centre mémoire du CHU de Bordeaux, "les premiers signes apparaissent quinze ans avant le diagnostic, ça laisse donc le temps d'agir".

Un diagnostic désormais "accessible partout dans des délais raisonnables", a assuré Nicolas Sarkozy. Même si des progrès significatifs ont été accomplis, les associations relèvent des retards dans les premières réalisations du plan. En effet, observent Les Echos, certains projets mettent du temps à se concrétiser. Par exemple, sur les 1.800 pôles d'activité et de soins prévus au sein des maisons de retraite, seulement 145 ont été mis en place. Pour ce qui est des 120 unités spéciales au sein des hôpitaux programmées pour la fin 2012, seules 42 ont été ouvertes à ce jour.

L'engagement du président de la République mérite d'être salué, estime l'AD-PA (directeurs de maisons de retraite). Cependant, l'association demande que l'on cesse de prendre des mesures budgétaires conduisant à "diminuer le nombre de personnels auprès des personnes atteintes d'Alzheimer".

Dépendance : recette pour un régime universel
Un grand régime universel et solidaire sur la dépendance d'ici au 1er janvier 2012 ? Rien de plus facile si l'on en croit le point de vie défendu par Etienne Cozon dans Les Echos (page 15). Pour cet ancien diplômé de l'Essec et du Centre des hautes études d'assurances, il suffit d'une cotisation mensuelle de 4 euros versée par les actifs et de 2 euros par mois pour les retraités pour y parvenir à cette date.

Selon cet expert, "aucune autre solution ne permet d'atteindre pour un coût aussi faible" cette couverture qui garantit deux objectifs. Le premier vise à assurer tous les Français contre la dépendance. Le second consiste à "verser immédiatement à toute personne devenue dépendante (...) une rente viagère définitivement acquise de 1 000 euros par mois en cas de dépendance totale et de 500 euros par mois en cas de dépendance partielle".

Cette rente, calquée le modèle de l'invalidité, serait gérée par la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) et par les caisses régionales d'assurance maladie (Cram).

Frédéric Lavignette