Pouvoir d’achat : la colère des retraités

Demain, à l’appel des cinq principaux syndicats et de plusieurs associations, doit se tenir à Paris à une grande manifestation pour la défense du pouvoir d’achat des retraités. Comme l’explique La Croix (pages 2 et 3), les "nuages" s’accumulent sur les revenus des retraités et leur pouvoir d’achat est en berne.

Depuis 2003, explique ce quotidien, la revalorisation des retraites est bien indexée sur l’inflation. Mais en 2007, la hausse des pensions a connu une hausse de 1,8% alors que l’inflation ne s’est finalement élevée qu’à 1,3%. D’où un douloureux "rattrapage" de 0,5% : au 1er janvier 2008, les retraites n’ont augmenté que de 1,1%, pour une prévision d’inflation de 1,6%. C’est, pour La Croix, "la goutte d’eau qui a fait déborder le vase".

La grogne des retraités est encore renforcée par le débat sur l’évolution du coût de la vie. Selon l’Insee, les prix ont augmenté de 2,8% entre janvier 2007 et janvier 2008. Ce que confirme Le Monde (page 20), en rappelant au passage que "les dépenses de santé augmentent de 50 euros, avec les nouvelles franchises médicales".

Il faut dire, poursuit ce quotidien, que des disparités considérables affectent le revenu moyen des 13,5 millions de retraités. En incluant la part des régimes complémentaires, ce dernier s’élève à 1.512 euros par mois. Mais tous les retraités ne sont pas logés à la même enseigne : "17% d’entre eux perçoivent une pension de base inférieure à 600 euros…" Des différences considérables affectent également les sexes. Toujours en moyenne, les hommes perçoivent 1.636 euros par mois, contre seulement 1.020 euros pour les femmes.

De fait, les femmes qui n’ont pas eu une carrière continue représentent 75% des bénéficiaires du "minimum contributif", un équivalent du Smic pour les retraités, soit 579,85 euros mensuels. Elles représentent également 60% des bénéficiaires du minimum vieillesse. Cette prestation, rebaptisée en 2007 "allocation de solidarité aux personnes âgées" (ASPA), s’élève à 628,10 euros. Elle "dépasse le plafond de ressources pour obtenir la complémentaire santé de la couverture maladie universelle (CMU)".

Parmi les promesses du gouvernement, rapporte La Croix, on compte notamment la hausse du minimum vieillesse (25% en cinq ans avec une avance de 200 euros dès 2008), ou encore des pensions de reversions (de 54% à 60%). Mais pour la sociologue et directrice de recherches à la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) Claudine Attias-Donfut, les années à venir continueront d’être sombres pour les retraités. En effet, "de plus en plus de gens vont atteindre l’âge de la retraite après avoir connu des périodes de chômage. Ce qui baissera leur niveau de pension".

Epinal : réouverture du service de radiothérapie
L’hôpital d’Epinal a défrayé l’actualité après la découverte des surrirradiations de 4.900 patients entre 1987 et 2006. Son service de radiothérapie vient de rouvrir ses portes. Un an après l’arrêt des traitements, les deux radiothérapeutes et le radiophysicien responsables des mauvaises manipulations ont été suspendus, tandis que la directrice de l’établissement était mutée, indique La Croix (page 5).

Depuis les incidents d’Epinal et de Toulouse, poursuit le quotidien, diverses mesures ont été prises pour renforcer la sécurité dans les centres de radiothérapie. Les 179 centres français, qui ont été inspectés par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) vont devoir respecter "plusieurs critères d’agrément, notamment l’obligation de recourir à la dosimétrie in vivo". Ce procédé permet de mesurer la dose réellement reçue par le patient afin de la confronter à celle initialement prévue.

De son côté, dans Le Figaro (page 16), le chef du pôle d’imagerie cancérologie de l’hôpital Saint-Louis (Paris), le Pr Claude Maylin, suggère que "la sécurité médicale [prenne] exemple sur la sécurité aérienne". Une formation du personnel adaptée aux nouvelles technologies et des contrôles plus stricts des appareils sont les meilleurs moyens pour éviter les accidents, souligne-t-il.

Programme contre le cannabis
"Alerte au cannabis dans les collèges", c’est le signal d’alarme que tire aujourd’hui en "une" Le Parisien/Aujourd’hui. Au-delà de la situation dans les établissements scolaires, le quotidien dévoile, en pages intérieures (2 et 3), les quelques éléments d’un programme que compte présenter au ministre de l’Education, le 8 avril, le président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie, Etienne Apaire. Parmi ces mesures figurent un renforcement du volet "sanctions" et une série d’actions de prévention.

Frédéric Lavignette