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Pourquoi les Français payent si cher leurs lunettes

En matière d'optique, les dépenses des Français explosent, constate Le Journal du dimanche (page 16). "Qui sont les responsables de cette inflation ?", interroge l'hebdomadaire. "Il faut régler le prix des lunettes", af­firmait déjà la ministre de la Santé, en octobre dernier. Plus récemment, en avril, l'association de consommateurs UFC-Que choisir confirmait qu'en France les lunettes étaient plus chères qu'ailleurs en Europe. "La formation des prix est peu claire, notamment le coût des verres", observe le JDD, qui pointe le manque de concurrence. Essilor et ses filiales commercialisent les deux tiers des verres correcteurs vendus en France. Le secteur des montures est également peu concurrentiel, car trois fabricants italiens dominent ce marché.

"Notre étude pointe clairement que les opticiens sont à l'origine des surcoûts massifs payés par les consommateurs", souligne Mathieu Escot, chargé de mission Santé à l'UFC-Que choisir. "Les opticiens orientent le choix de patients perdus dans un maquis d'offres assez opaque", dénonce le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, dans Le Journal du dimanche. Première explication de ce surcoût : les marges brutes élevées pratiquées par les opticiens. Ce n'est pas l'avis de Christian Roméas, patron du syndicat des opticiens Synope. "Nos marges nettes sont faibles", affirme-t-il.

Deuxième raison, avancée par l'association de consommateurs : l'explosion du nombre de boutiques (+ 47 % depuis 2000). "La concurrence fait baisser les prix", prétend Alain Gerbel, président de la Fédération nationale des opticiens de France (Fnof). "Aujourd'hui, les Français n'achètent pas seulement des lunettes, ils remboursent des magasins", s'insurge le président de la Mutualité. D'autre part, les opticiens "offrent" une paire de lunettes de soleil gratuite à tout acheteur de lunettes de vue, en utilisant le montant maximal remboursé par leur mutuelle. "Ces pratiques anormales ont explosé depuis l'augmentation des points de vente", observe Etienne Caniard.

Pour Christian Roméas, "les mutuelles ont solvabilisé le système en utilisant les lunettes comme un produit d'appel, et les gens ne se sont pas aperçus de l'augmentation des cotisations". "L'optique est un produit d'appel idéal dans un contexte de concurrence féroce entre complémentaires. Nous avons entre­tenu le phénomène inflationniste", admet le président de la Mutualité française. Mais face au dérapage des dépenses, il est formel : "Les mutuelles ont dit stop et poussent les pouvoirs pu­blics à réguler." "Il faut favoriser fisca­lement de vrais contrats responsables, dans lesquels les frais d'optique sont plafonnés", ajoute-t-il.

Mais les opticiens et les mutuelles s'accordent pour dénoncer le désengagement de l'assurance maladie, souligne le JDD. "La Sécurité sociale rembourse très peu, nous finançons deux tiers des dépenses d'optique. On régule d'autant mieux qu'on paie la dépense", souligne Etienne Caniard, qui plaide en faveur du développement des réseaux de soins mutualistes

2014 : un budget de rigueur historique
Le gouvernement défendra demain à l'Assemblée les sévères économies qu'il compte réaliser en 2014 pour maintenir le déficit public à 3,5 % du PIB. Pour compenser les créations d'emplois dans les secteurs prioritaires (Education natio­nale, Recherche, Justice et Sécurité), L'Ecologie, la Défense et les Finances seront les principales victimes des coupes budgétaires, souligne Le Monde de dimanche /lundi (page 7). La Sécurité sociale, qui ne relève pas du budget de l'Etat, sera également mise à contribution : 500 millions d'euros sur l'assurance maladie, 2 milliards sur la branche retraite et 1,2 milliard sur la famille.

Les treize milliards d'euros d‘économies prévues sur les dépenses comprennent "la reconduction des efforts réalisés en 2013" pour une croissance zéro des dépenses de l'Etat (7 milliards) et une baisse supplémentaire des dépenses de 1,5 milliard d'euros. En termes d'effectifs, 3 209 postes de fonctionnaires devraient disparaître, précisent Les Echos (page 5). Concernant les recettes, le rapporteur général du Budget, Christian Eckert, suggère d'imposer les contrats d'assurance-vie "les plus importants", note le quotidien économique. Selon Christian Eckert, la fiscalité actuelle "pose un double problème" : "Elle permet aux plus fortunés d'échapper au droit commun de l'impôt, et plus particulièrement de l'impôt sur les successions. D'autre part, l'avantage conféré à l'assurance-vie réduit les incitations à l'épargne destinée aux entreprises les plus innovantes" estime-t-il.

John Sutton