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Pour un déploiement de forces contre le sida

La 18e Conférence internationale sur le sida s’est ouverte hier soir à Vienne (Autriche). Comme tous les deux ans, cette manifestation qui rassemble des chercheurs du monde entier entend relancer la lutte contre la maladie. Malgré les 25 millions de morts provoqués par ce virus depuis son apparition en 1982, l’état d’esprit de cette nouvelle édition laisse poindre un peu d’optimisme. Ainsi, observe Le Figaro (page 11), "si toutes les personnes infectées par le virus étaient dépistées et recevaient des médicaments antiviraux, l’épidémie pourrait sans doute disparaître dans quelques décennies". Avec de telles mesures, estime l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le VIH parviendrait à être éradiqué "à l’horizon 2050".

Toutefois, "il faut rester prudent avec ce terme d’éradication", réagit le Pr François Dabis dans La Croix (pages 2 et 3). Président de l’action coordonnée "Recherche dans les pays du Sud" à l’Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS), il estime également qu’"une mobilisation très large, pour permettre un accès plus précoce aux médicaments pourrait avoir un impact majeur pour freiner l’épidémie".

A Vienne, signalait hier Le Journal du dimanche (page 7), "la question des nouvelles stratégies de prévention et celle du dépistage, jugé trop timoré, seront au cœur des discussions". Afin de lutter contre les 2,7 millions de nouvelles contaminations annuelles, l’accent doit particulièrement être mis sur les nouveaux outils biomédicaux préventifs, explique l’hebdomadaire. Par exemple, la circoncision permet de diminuer de 50% à 60% le risque de transmission. L’utilisation de gels microbicides de deuxième génération apparaît également comme un moyen de protection efficace, en complément du préservatif.

Un dépistage "basé sur le volontariat mais offert à tous" est aussi fortement encouragé par les chercheurs et les médecins, note Le Parisien/Aujourd’hui (page 8). Actuellement, précise dans Le Figaro le Pr Jean-François Delfraissy, directeur de l’ANRS, sur 33 millions de personnes infectées dans le monde, seulement 12 millions sont dépistées et 5 millions traitées. Dans les années à venir, l’accent devrait donc être mis sur cet aspect du problème au niveau international.

Pour la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, interrogée par Libération (page 12), la France ne sera pas en reste sur cette question. Un 5e plan de lutte est actuellement en préparation. La ministre souhaite renforcer le dépistage "au sein de la population générale dans le cadre du système de soins avec les médecins traitants. Nous entendons également reformer le dispositif du dépistage anonyme et gratuit", ajoute-t-elle. Dans le même temps, elle envisage d’intervenir "sur des groupes plus ciblés, et en particulier les gays", notamment en créant, dès 2011, dix centres de dépistage "dans lesquels les associations interviendront".

Dans cet entretien, Roselyne Bachelot entend "réaffirmer l’engagement financier de la France auprès du Fonds mondial". Avec la crise, le financement de la lutte contre le sida est en effet menacé. Pour les trois prochaines années, indique Le Figaro, le Fonds mondial essaie de réunir 20 millions de dollars (15,5 milliards d’euros) sans y parvenir. Pour l’heure, il n’a récolté que 100 millions d’euros. Or, "actuellement, le coût moyen, par an, pour un malade dans les pays en voie de développement est d’environ 100 dollars".

Dans ce domaine, la conférence de Vienne sera-t-elle "celle de toutes les désillusions ?" L’Humanité (page 10) rappelle qu’"en 2005, les pays du Nord s’étaient engagés à fournir un accès aux médicaments rétroviraux à l’ensemble des demandeurs pour 2010. Si des progrès ont été réalisés, les objectifs sont loin d’être atteints : aujourd’hui, seul un malade sur trois est sous traitement"…

Frédéric Lavignette