Pour Xavier Bertrand, il est essentiel qu’il y ait une indemnisation juste et rapide des victimes du Mediator®

Le ministre de la Santé a estimé hier que la dotation de 20 millions d'euros, évoquée la semaine dernière par le laboratoire Servier pour l'indemnisation des victimes du Mediator®, ne constituait "qu'un début". Xavier Bertrand répondait au député socialiste Gérard Bapt, qui préside la mission d'information parlementaire sur ce scandale sanitaire.

Le ministre a répété qu'il était "essentiel" qu'il y ait une indemnisation "juste et rapide" des victimes. Pour lui, "la solidarité nationale" pourrait intervenir pour anticiper les paiements, mais "le responsable devra lui-même assumer la totalité des frais". Il n'est "pas possible d’attendre des années avant que justice soit rendue", a-t-il ajouté.

Le Figaro (page 11) revient sur les deux missions parlementaires sur le Mediator®, celle de l'Assemblée, présidée par Gérard Bapt, et celle du Sénat, présidée par le sénateur François Autain (groupe communiste). Leur rôle est de comprendre comment un médicament sans efficacité réelle, doté d'effets secondaires graves, a pu rester sur le marché pendant trente-trois ans. Le quotidien souligne que ces missions parlementaires ne se substituent pas aux enquêtes et aux procédures judiciaires en cours, qui ont pour but de déterminer les responsabilités individuelles dans cette affaire.

"Est-ce que le laboratoire Servier peut invoquer la présomption d'innocence, après le rapport accablant de l'Igas ?", demandait récemment à François Autain, la chaîne Public-Sénat. Réponse de cet élu : "Non, ça ne me paraît pas possible. La lecture attentive du rapport de l'Igas démontre bien que la responsabilité de Servier est entière."

De leur côté, les eurodéputées Eva Joly et Michèle Rivasi réclament une en­quête sur l'Agence européenne du médicament (AEM). Objectif : déterminer "quelle a été l’influence des représentants français de l'Afssaps au sein de l'AEM, dans la gestion de la pharmacovigilance du Mediator®", rapporte La Tribune (page 10).

Bioéthique : pas "d'avancées majeures"
Le projet de loi sur la bioéthique a été voté hier à l'Assemblée par 272 voix contre 216. Le texte maintient le statu quo sur l'anonymat des donneurs de gamètes et l'interdiction de la recherche sur l'embryon, sauf dérogations, résument Les Echos (page 2). Paul Jeanneteau (UMP) juge ce texte "équilibré", tout en le qualifiant de "court" et "sans avancées majeures", rapporte Le Parisien/Au­jourd'hui (page 11). Ce député de la majorité a défendu une révision qui respecte les principes de la gratuité, l'anonymat du don, la non-marchandisation et le respect du corps humain.

A l’opposé, le PS – qui a voté contre – dénonce le maintien de l'interdiction du principe de la recherche sur l'embryon. "La solution raisonnable, c'est d'autoriser les recherches sur les cellules souches embryonnaires, car elles sont utiles pour la recherche fondamentale", a-t-il déclaré.

Une "occasion manquée", juge de son côté le député Vert Noël Mamère, qui avait déposé des amendements pour élargir l'assistance médicale à la procréation (AMP) et autoriser les mères porteuses. Malgré l'opposition du gouvernement, les députés ont décidé d'autoriser le transfert d'embryon après la mort du géniteur, dans un délai de dix-huit mois après le décès du père, si ce dernier avait donné son consentement préalable, notent Les Echos.
John Sutton