Points de vue divergents

"Retraites : le gouvernement conforté après l'échec du 1er Mai", titre en "une" Le Figaro, soulignant ainsi la faible mobilisation syndicale. A l'opposé, L'Humanité voit dans les manifestations pour la Fête du travail un "1er round pour la retraite à 60 ans", "thème central du 1er mai". Hier, l'Elysée estimait avoir en partie gagné la bataille de l'opinion sur la question des retraites, au vu de la participation moins importante que l'an passé aux défilés. Libération (page 16) souligne en effet "la faible mobilisation" de cette édition 2010 : 30.000 manifestants à Paris, entre 200.000 et 300.000 dans toute la France.

Pour Raymond Soubie, conseiller social de Nicolas Sarkozy, "une large partie des Français considère qu'une réforme [des retraites] est inéluctable". "Cela ne signifie pas que la réforme se présente comme un chemin bordé de roses", poursuit-il dans Le Journal du dimanche (page 10). Dans l'entourage de l'Elysée, on se dit très attentif aux réactions de l'opinion, souhaitant que les mesures à venir soient perçues comme "nécessaires" et "justes".

"On ne connaît pas le projet du gouvernement, donc on peut comprendre que les gens aient du mal à se mobiliser", a relativisé François Chérèque, secrétaire national de la CFDT. Pour Bernard Thibault (CGT), invité hier du Grand Jury-RTL-Le Figaro (cahier économie page 23), "ce n'était pas une mauvaise participation pour un 1er mai, qui se classe au final sur le podium des années 2000". "Il faudra que nous discutions d'autres initiatives, d'autres rendez-vous sans tarder, avec l'objectif de peser, avant que des décisions ne soient prises", a estimé le leader de la CGT.

L'amélioration et l'augmentation des ressources du Fonds de solidarité vieil­lesse (FSV) font partie des pistes du gouvernement, a indiqué hier sur Canal +, le ministre du Travail. Eric Woerth a également précisé qu'il fallait "essayer de prendre en compte la pénibilité". "Un thème cher à tous les syndicats, mais surtout à la CFDT", commente La Tribune (page 5). Dernier élément : 72% des cadres se déclarent "très" ou "assez" inquiets concernant le financement de leur retraite, selon un sondage Viavoice pour HEC-Le Figaro-économie-France Inter et France 24.

Plaidoyer pour une mutuelle européenne
Depuis le 1er mai, les personnes se déplaçant dans l'Union européenne ne perdront pas le bénéfice de leurs droits, qu'il s'agisse de retraite, d'allocations familiales, de chômage, ou encore d'assurance maladie, indiquent Les Echos (page 26). A cette occasion, la Mutuelle générale de l'Edu­cation nationale (MGEN) relance l'idée d'une mutuelle européenne, laquelle complétera "cet ensemble de droits dont bénéficient les citoyens et les entreprises sur le marché européen", estime la MGEN, dans un communiqué publié vendredi.

Reste à convaincre Bruxelles. "La re­lance du statut des mutuelles ne sera pas sans un engagement politique fort de la Commission européenne", reconnaît la MGEN. En plus de mettre les mutuelles sur un pied d'égalité avec les sociétés anonymes et les coopératives, ce statut européen "leur permettrait surtout d'envisager des rapprochements transfrontaliers, ce dans la perspective de l'entrée en vigueur de Solvabilité II, en 2012". Comme le rappelle régulièrement l'Association des assureurs mutuels et coopératifs en Europe (Amice), "la forme juridique spécifique des mutuelles demeure inadéquatement reconnue au niveau européen". Un argument repris dans le rapport du député Francis Vercamer dans le cadre de ses 50 propositions en faveur de l'économie sociale.
John Sutton